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LEROMREGOR

debat de film

Le 14/01/2017

LA CIGALE, LE CORBEAU ET LES POULETS
 
Réalisé par:  Olivier Azam
Nationalité:  Française
Genre: Documentaire
Durée: 1h35

 

Toutes les polices de France sont aux trousses de la mystérieuse « Cellule 34 » qui menace de mort le président de la République. 150 policiers dont la brigade antiterroriste débarquent dans un petit village de l’Hérault. Qui sont ces dangereux papys accusés d’être le corbeau ?
C’est l’histoire invraisemblable d’une farce juridique qui aura inquiété jusqu’à l’Elysée et fait débouler l’élite de la police antiterroriste dans un petit village de l’Hérault où une bande de villageois aux gabarits plutôt Obélix qu’Astérix résistent. Ces drôles de zouaves ont très bien compris que la démocratie ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. Une fable de la France d’aujourd’hui.
 
Bande-annonce
This is the divider
Les avant-premières et débats autour du film:

 

  • Mercredi 11 janvier à 20h au cinéma Le Colisée à CARCASSONNE
  • Jeudi 12 janvier à 20h30 au cinéma American Cosmograph à TOULOUSE
  •  Vendredi 13 janvier à 20h au cinéma Utopia à AVIGNON
  •  Vendredi 14 janvier à 20h au cinéma Etoile à VICHY
  •  Samedi 15 janvier à 18h au cinéma Le Rio à CLERMONT-FERRAND
  •  Lundi 16 janvier à 20h15 au cinéma Le Club à GRENOBLE
  •  Mercredi 18 janvier à 20h au cinéma Espace St Michel à PARIS
  •  Jeudi 19 janvier à 20h au cinéma les 7 Parnassiens à PARIS
  •  Vendredi 20 janvier à 20h au cinéma Espace St Michel à PARIS
  •  Samedi 21 janvier à 20h45 au cinéma Le Kursaal à BESANCON
  •  Samedi 21 janvier à 20h au cinéma Le Molière à PEZENAS
  •  Dimanche 22 janvier à 18h au cinéma Espace St Michel à PARIS
  •  Dimanche 22 janvier à 14h30 et 17h au cinéma Star à ST-PONS DE THOMIERES
  •  Lundi 23 janvier à 20h15 au cinéma Jean Gabin à ARGENTEUIL
  •  Mercredi 25 janvier à 20h30 au cinéma Alain Resnais à CT-L'HERAULT
  •  Jeudi 26 janvier à 20h au cinéma Espace St Michel à PARIS
  •  Samedi 28 janvier à 20h au cinéma Cinéduchère à LYON
  •  Lundi 30 janvier à 20h30 au cinéma Le Sémaphore à NIMES
  •  Mardi 31 janvier à 20h30 au cinéma Cinémistral à FRONTIGNAN
  • Mercredi 1er février à 20h au cinéma Espace St Michel à PARIS
  • Jeudi 2 février à 20h au cinéma Le Concorde à NANTES
  • Vendredi 3 février à 20h au cinéma Les Studios à BREST
  • Vendredi 3 février à 20h au cinéma Cinémassy à MASSY
  • Lundi 6 février à 20h au cinéma Le Méliès à MONTREUIL
  • Mardi 7 février à 20h au cinéma l'Alhambra à MARSEILLE
  • Mercredi 8 février à 20h au cinéma Jacky Mathevet à LORGUES
  • Jeudi 9 février à 20h au cinéma Six'Etoiles à SIX-FOURS LES PLAGES
  • Vendredi 10 février à 20h au cinéma Le Navire à VALENCE
  • Samedi 11 février à 20h au cinéma Le Méliès à PORT-DE-BOUC
  • Lundi 13 février à 20h30 au cinéma Vox à CHASSENEUIL SUR BONNIEURE
  • Mardi 14 février à 20h30 au cinéma Ciné-cité à ANGOULEME
  • Mercredi 15 février à 20h30 au cinéma Megarama à GARAT
  • Jeudi 16 février à 20h30 au cinéma Jean Ferrat à RUELLE SUR TOUVRE
  • Vendredi 17 février à 20h30 à la Halle aux grains à LAROCHEFOUCAULT
  •  Dimanche 19 février à 20h au cinéma Utopia à BORDEAUX
  • Mercredi 23 février à 20h au cinéma CinéPlanet à ALES
  • Mercredi 1er mars à 20h au cinéma Le Rabelais à MEYTHET etc ...
retrouvez les détails des débats et toute la programmation sur le site :
Pour programmer le film:
Pauline Richard
06 63 96 67 64

 

demain plus fort qu'aujourd"hui

Le 04/01/2017

Nique le, nique le casino

Nuit blanche sur nuit blanche à charbonner
Quand tu fais des sous tu perds des amis, tu perds des amis
C’est pour ça qu’y’a qu’deux places dans les Ferrari
Tu ne fais rien de ta vie, pourtant tu veux ce que j’ai
Quand je sortais tu dormais, et quand je rentrais tu ronflais
Cravacher, cravacher, cravacher, cravacher
Jamais s’en vanter, j’ai tombé, j’suis monté
Mais quand j’suis quand je suis monté ça t’a dérangé
Moi j’te croyais, “entre nous ça bouge pas”
C’est c’que tu m’disais, en effet, c’était vrai
T’as pas bougé quand ils sont venus me chercher
C’est le nonante-trois, on a l’monopole
T’es à Pôle Emploi, ta putain d’hlel
Ta putain d’hlel, c’est qu’un coup d’un soir
J’l’emmène à l’hôtel, des galipettes dans la suite
Elle m’suce les doigts et elle t’envoie qu’elle est pressée d’te voir
Mon pied fait des allers-retours sur la tête d’une balance
C’est agréable j’ai l’impression que j’fais d’la balançoire
 
 


Demain j’serai plus fort qu’aujourd’hui
Être en chien, j’préfère pas être en vie
J’reste en vie, pour mettre bien ma famille
C’est fini, on sera plus amis
Quand tu m’croises, et bah c’est plus pareil
C’est plus pareil, nan, c’est plus pareil
C’est plus pareil, c’est plus pareil
C’est plus pareil, nan, c’est plus pareil
C’est plus pareil, c’est plus pareil

Ils se rappellent que de la veille
En savoir plus sur http://www.paroles.net/sadek/paroles-c-est-plus-pareil#FJEmtzDM7DsICZKG.99

 

la nazi peiper caché a trave

Le 24/12/2016

Joachim Peiper

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Joachim Peiper
En 1943, en uniforme de SS-Sturmbannführer[a].
En 1943, en uniforme de SS-Sturmbannführer[a].

Surnom Jochen
Naissance 30 janvier 1915
Berlin, Allemagne
Décès 14 juillet 1976 (à 61 ans)
Traves, France
Origine Allemand
Allégeance Flag of the German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme Flag of the Schutzstaffel.svg Waffen-SS
Grade SS-Standartenführer[b]
Années de service 19331945
Conflits Seconde Guerre mondiale
Commandement Bataillon, puis 1er régiment blindé de la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler
Distinctions Croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne et glaives
modifier Consultez la documentation du modèle

Joachim Peiper, né le 30 janvier 1915 à Berlin et officiellement mort le 14 juillet 1976 à Traves en France, est un militaire allemand, officier de la division blindée 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler.

Obersturmbannführer[c] lors de l'offensive des Ardennes en décembre 1944, il est condamné à mort pour crime de guerre par le tribunal militaire américain de Dachau en 1946, essentiellement pour le massacre de Baugnez, près de Malmedy, commis par le Kampfgruppe dont il avait le commandement. Sa peine est suspendue puis commuée en un emprisonnement de trente-cinq ans. Libéré en décembre 1956, il se retire en France en 1972 et trouve la mort en 1976 lors de l'incendie criminel de sa maison.

 

Sommaire

 [masquer] 

 

Premières années et entourage familial[modifier | modifier le code]

Joachim Peiper voit le jour au sein d'une famille bourgeoise originaire de Silésie, qui comporte deux autres fils, Hans-Hasso et Horst.

Son père, Waldemar, suit une carrière d’officier dans l'armée impériale allemande. En 1904, il fait partie d’un corps expéditionnaire en Afrique d’où il revient avec la croix militaire, la malaria et plusieurs blessures qui entraînent une invalidité permanente. En 1909 il épouse Charlotte Marie Schwartz, issue de la classe moyenne berlinoise. Le couple s’installe à Berlin. Au début de la Première Guerre mondiale, il reprend du service en tant que capitaine et est affecté en Turquie. En septembre 1915, des problèmes cardiaques, conséquence de sa malaria, interrompent sa carrière militaire.

Lors des troubles qui suivent la fin de la guerre, il s’engage dans les corps francs dans la bataille pour la Silésie. Pour Jens Westemeier, historien de formation et colonel de réserve de la Bundeswehr, il est clair que Waldemar Peiper est au moins un sympathisant du courant de la droite politique au sein de l’armée[1].

Le frère aîné de Joachim, Hans-Hasso, vraisemblablement homosexuel, commet une tentative de suicide qui échoue, mais le laisse dans un état végétatif[2] ; il meurt officiellement de tuberculose dans un hôpital berlinois en mai 1942, mais il n’est pas exclu qu’il ait été victime de la politique nazie d’eugénisme[3].

Jusqu'en 1933, Joachim Peiper suit une scolarité normale. En 1926, il rejoint son autre frère, Horst, dans le mouvement scout. C’est à cette époque qu’il développe le désir d’embrasser une carrière militaire[2].

Carrière dans la SS[modifier | modifier le code]

Adhésion au national socialisme[modifier | modifier le code]

La date de son dix-huitième anniversaire coïncide avec la nomination d’Adolf Hitler au poste de Chancelier. Dès le printemps 1933, bien avant que cela ne soit obligatoire, il rejoint la Hitlerjugend, avec son frère Horst[4].

 
Walther von Reichenau en 1934.

En octobre 1933, il s’engage dans la SS, organisation qui ne comporte alors que 53 000 membres, en s’affiliant à la Reiter-SS. Bien plus tard, il prétendra que cette affiliation était motivée par le désir de faire carrière à l’armée et lui aurait été conseillée par le général Walter von Reichenau, qui aurait fait valoir que cette affiliation était de nature à faciliter son incorporation dans une unité de cavalerie de l’armée régulière. Selon Westemeier, cette version ne résiste pas à l’examen. En effet, à l’époque, la Reichswehr se voulait toujours apolitique et toute adhésion à une organisation politique constituait une barrière à une incorporation en son sein : il semblerait donc que cette adhésion à la SS fut le reflet d’un engagement politique[5].

Le 23 janvier 1934, il est membre de la SS avec le no 132 ; il appartient donc déjà à la SS avant que Hitler ne l’élève au rang d’organisation indépendante au sein du NSDAP en raison des services rendus, particulièrement lors de la nuit des Longs Couteaux[6].

En septembre 1934, à l’occasion du congrès du parti, il est promu au rang de Sturmmann. C’est vraisemblablement de cette époque que datent ses premiers contacts avec Heinrich Himmler, qui l’incite à poursuivre une carrière d’officier supérieur au sein de la SS ; dans un curriculum vitæ de 1935, il écrit « suite à un encouragement personnel du Reichsführer-SS Himmler, j’ai décidé de tenter de faire carrière en tant qu’officier supérieur au sein de la SS[6]. » Quelques mois plus tard, il quitte l’école avant même d’avoir terminé ses études secondaires[7]. Dès janvier 1935, il fait partie du personnel permanent et appointé de la SS et est envoyé à Jüterbog pour suivre les cours destinés à former les chefs de la division SS Adolf Hitler. Il semble qu’il doive aux interventions personnelles de Himmler et de Sepp Dietrich d’avoir pu intégrer ce cours qui avait débuté en novembre 1934[7]. Au terme de cette formation, il est promu au grade d’Unterscharführer[8],[d].

Premières années dans la SS[modifier | modifier le code]

À dater du 24 avril 1935, Peiper participe à la première session de cours de la nouvelle Junkerschule (école d'officiers SS) de Braunschweig, placée sous le commandement de Paul Hausser[8]. Selon Peiper, l’objectif des Junkerschulen est de former des officiers pour l’armée et non des officiers pour la SS ou le SD. Ces écoles dispensent une formation militaire et une substantielle formation idéologique. Elles contribuent à former les cadres des futures unités combattantes de la Waffen-SS mais aussi des camps de concentration nazis : fin 1938, 20 % des 138 hommes qui ont suivi la même session de cours que Peiper sont incorporés dans les unités de SS-Totenkopfverbände[9].

Après avoir prêté le serment SS d’allégeance à Hitler en novembre 1935, Peiper termine sa formation à la Junkerschule en janvier 1936. En février et mars de la même année, il suit un autre cours dans l’enceinte du camp de concentration de Dachau. Le camp, gardé par des hommes portant le même uniforme que Peiper et ses compagnons, est adjacent aux baraquements occupés par ceux-ci, de sorte qu’il est impossible d'en ignorer l'existence[10].

Le 20 avril 1936, à l'âge de 21 ans, il est promu au grade d’Untersturmführer[e]. Après un bref congé, il commence son service dans la division SS Adolf Hitler, sous le commandement de Sepp Dietrich[9], division aux activités de laquelle il participe jusqu'à fin juin 1938.

Aide de camp de Himmler[modifier | modifier le code]

 
Heinrich Himmler.

Le 4 juillet 1938, Peiper est détaché à l’état-major du Reichsführer-SS Heinrich Himmler en tant qu’Adjutant[11],[12], un passage que Himmler estime nécessaire dans la carrière d'un officier prometteur[13]. À cette époque, cet état-major est dirigé par Karl Wolff[13]. Il s’agit d’un poste important : en tant qu’aide de camp, Peiper travaille dans l’antichambre de Himmler au siège de la SS, à la Prinz-Albrecht-Strasse. Reinhard Heydrich occupe un bureau à l’étage au-dessus et Rudolf Brandt travaille dans le même service[14]. Bien qu’après la guerre certains, dont Karl Wolff, s’efforcent de minimiser le rôle des aides de camp de Himmler, il semble que celui-ci est loin d’être négligeable : plus ils restent en service auprès de Himmler, plus leur influence s’accroît ; les procès de Karl Wolff et Werner Grothmann apporteront la preuve de leur implication dans l’extermination des Juifs d'Europe[15].

Affecté à l’état-major du SS-Reichsführer, Peiper se hisse dans les premiers cercles du pouvoir ; il devient un des favoris de Himmler qu’en retour il admire[15]. Il n’est donc pas étonnant qu’il fasse partie de l’entourage du chef des SS lorsque ce dernier effectue une visite d’État en Italie[15].

Mariage et autres événements familiaux[modifier | modifier le code]

Peiper est promu au grade d’Obersturmführer[f] le jour de son 24e anniversaire. C’est à ce moment qu’il fait la rencontre de Sigurd (Sigi) Hinrichsen, qui travaille comme secrétaire à l'état-major de Himmler[16]. Si on connaît peu de choses sur les origines familiales de la jeune femme, on sait que ses deux frères sont membres de la SS ; l’aîné disparaît dans le naufrage du Bismarck[17]. Sigurd est une amie proche d’une autre secrétaire de l’état-major, Hedwig Potthast, maîtresse de Himmler[16].

Le 26 juin 1939, Peiper épouse Sigurd Hinrichsen au cours d’une cérémonie conforme à la symbolique SS et le couple s’établit à Berlin. Après les premiers raids aériens sur la ville, Sigurd Peiper déménage à Rottach en Haute-Bavière, à proximité de la maison de campagne de Himmler et de plusieurs proches[17]. Trois enfants naissent du mariage : Heinrich, Elke et Silke.

Au cours de cette période, le second frère de Peiper, Horst, rejoint lui-aussi les rangs de la SS où il atteint le grade de Hauptsturmführer[g] ; il participe à la campagne de France au sein de la division SS-Totenkopf avant d’être transféré en Pologne, où il meurt le 11 juin 1941 dans un accident dont les causes sont inconnues. Selon des rumeurs, il aurait été forcé au suicide par des membres de son unité en raison de son homosexualité[3].

La campagne de Pologne et ses suites[modifier | modifier le code]

Le 1er septembre 1939, l’Allemagne envahit la Pologne, ce qui marque le début de la Seconde Guerre mondiale. Conformément à ses fonctions, Peiper suit cette campagne dans l’entourage direct de Himmler, puisqu’il voyage à bord du train de ce dernier, où se trouve également Joachim Von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du Reich[18]. Durant l'invasion, il est très proche de Himmler et rien de ce que ce dernier fait ou décide ne lui échappe[18]. Ainsi, le 20 septembre, il est à Blomberg lorsqu’une vingtaine de Polonais sont fusillés en présence de Himmler[18].

 
La Feldherrnhalle.

Une fois la Pologne vaincue, il reste aux côtés de Himmler et, s'il ne participe pas à la prise de décision, il est parfaitement tenu au courant des décisions prises par Himmler et son entourage en ce qui concerne le sort à réserver à ce pays[19]. Il continue à accompagner Himmler dans ses déplacements, ce qui l’amène notamment à participer aux cérémonies commémoratives du 9 novembre à la Feldherrnhalle à Munich. Le 13 décembre 1939, à Posen, il assiste en compagnie de Himmler au gazage des pensionnaires d’un établissement psychiatrique et aurait rédigé, selon Westemeier, un bref rapport sur l'événement, qui ne sera jamais retrouvé. Trente ans plus tard, il fera sur ce gazage une déclaration froidement technocratique qui, d’une part, invalide une fois pour toutes la légende du « simple combattant au front » et, d’autre part, est révélatrice de son état d’esprit[20].

La campagne de France[modifier | modifier le code]

 
Sepp Dietrich (à gauche) derrière Himmler (au centre), Peiper (à droite) à Metz en septembre 1940.

Le 17 mai 1940, comme lors de la campagne de Pologne, il accompagne Himmler qui suit l’avance des troupes SS lors de la bataille de France. À Hasselt, il obtient l'accord de Himmler pour se joindre à une unité combattante[21]. Il est affecté comme chef d’escouade à la 11e compagnie de la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler avec laquelle il reçoit son baptême du feu. Il a très rapidement l’occasion d’exercer le commandement de cette compagnie, à la tête de laquelle il va gagner la croix de fer et sa promotion au grade de Hauptsturmführer[g], grâce à la prise d'une batterie d'artillerie anglaise installée sur les collines de Wattenberg[21],[11].

Toutefois, l’intermède ne dure guère et dès le 21 juin 1940, Peiper est rappelé à son poste auprès de Himmler. La bataille de France lui a néanmoins permis de s’affirmer comme chef militaire[21].

Le 10 juillet, il accompagne Himmler au Berghof, la résidence de campagne de Hitler où les dirigeants du Reich s’interrogent sur la suite à donner à la guerre, la résistance du Royaume-Uni, dirigé par Churchill, contrariant leurs plans[21].

Retour à l’état-major de Himmler[modifier | modifier le code]

À son retour au sein de l’état-major de Himmler, Peiper reprend ses fonctions. En octobre 1940, il accompagne son chef à Madrid où il doit rencontrer Franco. Après un passage à Metz, où Himmler informe sans détour les chefs de la division SS Adolf Hitler des massacres commis en Pologne, ils s’arrêtent à Dax où Himmler rencontre le commandant de la division SS Totenkopf, Theodor Eicke. C’est après le retour de ce voyage, le 14 novembre 1940 que Peiper est nommé au poste de premier aide de camp de Himmler[22].

 
Entrée d'Auschwitz I avec l'inscription Arbeit macht frei (« le travail rend libre »).

Au début de l’année suivante, Himmler se livre à une tournée des camps de concentration nazis : son premier aide de camp l’accompagne. Le 14 janvier 1941, ils visitent Ravensbrück ; le 21, ils se trouvent à Dachau[23]. En mars 1941, ils se rendent à Auschwitz, où Peiper rencontre une vieille connaissance, Rudolf Höß, commandant du camp[24]. À ce moment, l’idée de la solution finale est en train de se former et il semble peu vraisemblable qu’en sa qualité de premier aide de camp de Himmler, Peiper n’en ait pas été informé. À l’appui de cette thèse, on peut rappeler qu’il fut démontré au cours d’un procès tenu au milieu des années 1960 que Werner Grothmann, qui allait succéder à Peiper au poste de premier aide de camp, n’avait rien ignoré des détails du génocide[22]. L’adhésion de Peiper à ce projet criminel trouve peut-être un début d’explication dans une lettre de son épouse à Hedwig Potthast, la maîtresse de Himmler : « Vous savez combien il aime, adore et admire KH ». En l’occurrence, KH était un acronyme pour « König Heinrich » (le roi Heinrich), ce qui en dit également long sur le degré de familiarité de Sigurd Peiper avec le cercle des intimes de Himmler[25].

C’est en février 1941 que Himmler informe son subordonné de l’imminence d’une attaque contre l’Union soviétique[23]. Les mois qui suivent sont consacrés à préparer la SS à cette guerre. Himmler et son entourage voyagent en Norvège, en Autriche, en Pologne et, dans le cadre de la guerre dans les Balkans, en Grèce[26]. Ces déplacements incluent également une visite du ghetto de Łódź dont près de trente années plus tard, Peiper peut encore donner une description : « C’était une image macabre : nous vîmes comment les policiers juifs du ghetto, qui portaient des chapeaux dépourvus de bords et étaient armés de cannes en bois, nous ouvrirent un passage sans faire preuve d’égards. Les Juifs les plus âgés accueillirent Himmler avec un bouquet de fleurs[26] ». Pour Westemeier, cet épisode est typique de la mémoire des responsables du génocide, en ce sens qu’il montre que Peiper était parfaitement à même de se rappeler les détails relatifs au processus criminel en cours tout en n’oubliant pas les anecdotes censées prouver que les Juifs eux-mêmes frappaient d’autres Juifs, ce qui, par comparaison, était censé réduire sa propre culpabilité. Un élément typique des mémoires de nombreux exécutants est qu’ils se remémorent tout élément de nature à relativiser leur propre culpabilité alors que la description de nombreux crimes est passée sous silence[26].

Le 22 juin 1941 marque le début de l’opération Barbarossa. Dès juillet, de mauvaises nouvelles parviennent à l’état-major de Himmler. Mal entraînées et commandées, certaines unités SS se sont débandées face à l’ennemi. Himmler se précipite à Stettin pour redresser la situation. Il saisit aussi l’occasion pour évoquer la guerre idéologique contre les « sous-hommes », un concept déjà bien connu de Peiper[27].

Mais pour Himmler, la guerre se passe essentiellement sur les arrières du front où ses unités se chargent de liquider les Juifs et les partisans[27]. Parmi les tâches qu’implique la fonction de premier aide de camp figure notamment la présentation des statistiques fournies par les Einsatzgruppen concernant les exécutions opérées à l’Est[28].

C’est pendant les premiers mois de la guerre en Russie que les fonctions de Peiper aux côtés de Himmler vont progressivement prendre fin. Il va passer la main à son successeur Grothmann et bientôt prendre le commandement d’une unité opérationnelle. Ceci ne l’empêchera nullement de rester en contact étroit avec Himmler qu’il rencontrera encore à de multiples reprises. Ses excellentes relations avec lui, qui l’appelait « mon cher Jochen » dans ses lettres, continueront jusqu’à la fin de la guerre[27].

Néanmoins, contrairement à ce qui s’était produit en mai 1940, cette fois, ce n’est pas Peiper lui-même qui a sollicité son transfert vers une unité combattante. Il semble au contraire que Himmler ait souhaité mettre son protégé à l’abri d'intrigues de cour qui ont lieu dans son entourage. En effet, des rumeurs entourent la mort du frère de Peiper, Horst, soupçonné d’homosexualité. En outre, lors de son engagement dans la SS, Peiper aurait dissimulé des informations concernant la schizophrénie de son frère Hans Hasso, qui conduiront ce dernier à une tentative de suicide[29].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Les informations relatives à la date exacte du transfert de Peiper à la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler (LSSAH) ne sont pas très précises. Il semble toutefois que toute date antérieure à octobre 1941 doive être écartée. En effet, jusqu’à la mi-septembre 1941, on trouve encore dans l’agenda de Himmler des inscriptions de la main de Peiper ; il n’est toutefois pas exclu que Peiper ait pu être dépêché de temps à autre auprès de la LSSAH en tant qu’observateur du Reichsführer[29].

Sur le front russe[modifier | modifier le code]

À son retour à la Leibstandarte Adolf Hitler, qui est engagée sur le front sud en direction de la Mer Noire, Peiper passe quelques jours au sein de l’état-major. Mais la blessure au combat du chef d'une unité lui donne au bout de quelques jours l’opportunité de prendre le commandement de la 11e compagnie qu’il avait déjà commandée en France[29].

Avec sa compagnie, Peiper participe aux assauts contre Mariupol et Rostov-sur-le-Don ; il se distingue par sa combativité mais son unité enregistre de lourdes pertes. En outre, de premiers massacres de prisonniers préfigurent ce que sera la guerre à l’Est[30].

 
Meurtres par des membres d'un Einsatzgruppe dans la région de Kiev en 1942.

Durant toute sa progression, la Leibstandarte est suivie de près par le Einsatzgruppe D qui, sur les arrières de la division, organise l'extermination des Juifs. L’Einsatzgruppe poursuit ses opérations même lorsque l’hiver met un terme momentané aux opérations militaires. La LSSAH et l’Einsatzgruppe partagent les mêmes quartiers d’hiver à Taganrog sur la Mer d’Azov et, à l’occasion, des éléments de la division prêtent assistance à l’Einsatzgruppe D dans l’accomplissement de ses crimes[31].

En mai, Peiper est informé de la mort de son frère Hans Hasso, probablement euthanasié dans le cadre de la politique d’eugénisme nazie. Début juin, la division SS Adolf Hitler est relevée du front et envoyée au repos en France[31].

Lors de son retour, Peiper fait un détour par le quartier général de Himmler, qu’il rencontre le 1er juin 1942 ; la journée se prolonge par un dîner auquel participent également Rudolf Brandt, le secrétaire du chef des SS, et Heinz Lammerding, à l’époque membre de l’état-major de la division SS Totenkopf. Il est vraisemblable que le sujet principal des conversations est l'attentat dont vient d’être victime Reinhard Heydrich qui va mourir quelques jours plus tard des suites de ses blessures[31]. Peiper rencontre encore Himmler en juillet 1942 et ne rejoint pas son bataillon avant août[32].
Pendant son séjour en France, la division SS Adolf Hitler est réorganisée pour devenir une division de Panzergrenadier, ce qui implique une redéfinition des rôles au sein de la division : pour Peiper, cela se traduit par une promotion au rang de chef du 3e bataillon. Il utilise son séjour en France pour tenter de créer un esprit de corps dans son bataillon, en s’entourant de jeunes officiers tout aussi fanatiquement nazis que lui[33].

Retour sur le front russe[modifier | modifier le code]

À la fin de l’année 1942, Peiper part en permission dans sa famille. Cette période de repos est aussi l’occasion de se retrouver pendant deux jours en compagnie de Himmler. Le 30 janvier 1943, il est promu SS-Obersturmbannführer[33],[c].

Pendant ce temps, la situation sur le front de l’Est, notamment à Stalingrad, s’est dégradée, ce qui motive le retour de la division SS Adolf Hitler (LSSAH) sur le front. Le bataillon de Peiper quitte ses quartiers en France le 31 janvier 1943 et arrive dans la région de Lyubotin, près de Kharkov, où il est immédiatement envoyé sur le front[34]. Comme toute l’armée allemande dans ce secteur, la LSSAH se trouve engagée dans une bataille défensive[34]. Près de Kharkov, le 3e bataillon perce les lignes soviétiques pour dégager la 320e division d’infanterie encerclée avec 1 500 blessés et assure aux ambulances un chemin de repli jusqu'aux lignes allemandes[35]. Le mois suivant, les têtes de pont qu'il réussit à former permettent à la Wehrmacht d'attaquer Kharkov : Peiper perce le front ennemi pour s'emparer de Bielgorod.

Par la suite, les Soviétiques accusent Peiper et ses troupes d'avoir incendié deux villages et massacré leurs habitants[36]. Le bataillon commandé par Peiper, se « distingue » en février 1943 par l'emploi de chalumeaux lors des atrocités perpétrées contre la population civile dans la région de Kharkov[37]. Pour ce qui est des incendies, Peiper déclare : « Nos véhicules avaient l'habitude d'attaquer à pleine vitesse, toutes armes en action. Comme les maisons russes étaient coiffées de chaume, il était inévitable qu'elles prennent feu durant la bataille. Il n'était en aucun cas nécessaire que les hommes descendent des véhicules pour mettre le feu aux maisons avec des lance-flammes »[38]. Westemeier note toutefois qu’au sein de la LSSAH, l’incendie de villages est bien mis en relation avec Peiper et ses hommes. Le chalumeau devient même le signe officieux de reconnaissance peint sur les véhicules du bataillon[36].

C’est à la même époque que le mythe du chef de guerre exceptionnel voit le jour. Ainsi le magazine de la Waffen-SS Das Schwarze Korps décrit comme suit les actions de Peiper à Kharkov : « En préparation de l’attaque contre Kharkov, le SS-Sturmbannführer[a] Peiper a pris de sa propre initiative à deux reprises des têtes de pont qui s’avérèrent d’une importance décisive pour l’avance des forces à l’offensive. […] Néanmoins, le SS-Sturmbannführer Peiper se montra maître de la situation dans toutes ses phases. […] Chaque officier et homme de troupe du Kampfgruppe Peiper avait un sentiment d’absolue sécurité. Il se trouvait là un homme qui pensait pour eux et avait soin d’eux, décidait rapidement et faisait connaître ses ordres avec précision. Bien qu’ils puissent paraître audacieux et peu orthodoxes, ces ordres étaient basés sur une appréciation infaillible de la situation. Chacun sentait le travail intellectuel et la sécurité instinctive qui les sous-tendaient. Certes, la chance du soldat a souri au commandant. Mais la confiance inconditionnelle de ses hommes trouvait toutefois sa source ailleurs, à savoir dans le fait qu’un chef né est aux commandes qui, tout en ayant le plus grand sens des responsabilités pour la vie de chaque homme sous son commandement, est néanmoins capable de faire preuve de dureté si les circonstances l’exigent. Mais dans son chef, les ordres et les mesures prises se conjuguent, non en raison d’une sage réflexion, mais plutôt à cause d’une personnalité dont le cœur, le cerveau et les mains ne font qu’un. »[39]. La propagande SS forge ainsi le mythe de l’archétype de guerrier Waffen-SS dont Peiper bénéficie après la guerre[39].

Les combats autour de Kharkov sont révélateurs de la façon dont Peiper conduit les opérations : atteindre les objectifs tactiques à tout prix, sans aucune considération pour l’objectif stratégique global et les pertes encourues[40]. En fait, Peiper obéit sans discussion aux ordres et attend de ses hommes qu’ils en fassent de même[39]. Ses « faits d'armes » dans la région de Kharkov lui valent la croix de chevalier de la croix de fer qu’il reçoit en mars 1943[11].

 
Tombe d'un soldat allemand, mort lors de la bataille de Koursk.

La défense de Kharkov ne permet pas à l’Allemagne nazie de rétablir la situation stratégique. Quelques mois plus tard, la LSSAH prend part à la bataille de Koursk (opération Citadelle). Une fois encore, l’unité de Peiper se distingue, donnant à la propagande SS l'occasion de magnifier le guerrier SS[41]. L’opération Citadelle n’atteint toutefois pas ses objectifs et est arrêtée à la mi-juillet 1943. La LSSAH est retirée du front le 17 juillet et transférée dans le nord de l’Italie, dans la région de Cuneo.

À ce moment, en tant que commandant d’une unité d’infanterie blindée, Peiper a atteint un sommet en termes techniques. Par ailleurs, rien ne laisse supposer qu’il éprouve le moindre remords pour les crimes de guerre auxquels son unité a participé ou assisté[42].

Opérations en Italie et massacre de Boves[modifier | modifier le code]

La 1re division SS Adolf Hitler est envoyée en Italie pour deux mois pour participer au désarmement des forces italiennes qui viennent de capituler à la suite du débarquement allié. Le bataillon de Peiper prend ses quartiers début août aux environs de Cuneo. Le 10 septembre 1943, il est chargé de désarmer des garnisons italiennes à Alessandria et Asti[43]. Le 19 septembre, Peiper est confronté aux partisans qui capturent deux de ses hommes dans le village de Boves[44].

Selon Faustino Dolmazzo, l'avocat des partisans italiens, à l'arrivée de Peiper à Boves, les Allemands mandatent deux Italiens, dont le curé, pour demander la libération des deux sous-officiers, Peiper promettant l'absence de représailles. Après que les deux hommes ont été libérés vers 15 heures, « toutes les maisons furent incendiées, [y compris] les maisons isolées, [dans] la localité de Rivoira et l'agglomération de Boves et 22 personnes de sexe masculin furent tuées au moment où elles essayaient de fuir. En général, c'étaient des personnes âgées, des malades, c'est-à-dire des retardataires, parce que la majorité des habitants de Boves, quand ils ont vu arriver les Allemands, s'étaient enfuis ». Les deux émissaires sont « conduits à travers Boves pour qu'ils assistent à l'incendie des habitations et ensuite furent tués dans une cave [...]. Leur corps ont été retrouvés là, le lendemain, mais non reconnaissables parce qu'ils avaient été carbonisés, c'est-à-dire qu'il y eut une tentative de la part des SS de maquiller le meurtre de ces émissaires [...] en rendant méconnaissables les cadavres. Ils ont cependant pu être identifiés : don Bernardi à cause des prothèses dentaires que lui avait faites quelque temps auparavant le médecin de Boves, aux clés de la sacristie qui étaient dans sa poche. Ces cadavres étaient réduits à presque soixante centimètres »[45].

Selon le récit de Joachim Peiper, son unité n'aurait commis aucun massacre de civils. Envoyée à la recherche de deux sous-officiers capturés par les partisans et emmenés dans les monts Bisalta qui entourent la cité de Boves, où les résistants sont particulièrement actifs, une section de son unité serait tombée dans une embuscade. En venant au secours de celle-ci, Peiper et ses hommes auraient été accueillis par des tirs nourris, à la suite desquels Peiper aurait ordonné à l'artillerie mobile d'ouvrir le feu, ce qui aurait déclenché des incendies. La section d'artillerie mobile serait restée ensuite à Boves pour détruire les armes et munitions qui s'y trouvaient encore[38].

Pour les historiens de métier, spécialistes reconnus de la matière, la conclusion est claire. Selon Steffen Prausser « le 19 septembre 1943, le premier massacre de civils, qui coûta la vie à 23 personnes à Boves dans le Piémont, montre déjà la brutalité et la disproportion avec lesquelles certaines unités, dites unités d'élite, réagirent à des pertes minimes »[46], analyse argumentée partagée par Lutz Klinkhammer, pour qui « le massacre de Boves est l'archétype des crimes de guerre commis en Italie »[47] et par Jean-Luc Leleu, qui mentionne également le massacre de Boves au nombre des crimes de guerre commis par des unités de la Waffen-SS[37].

À la même époque, les Juifs de la région sont arrêtés en vue d’être déportés vers les camps d’extermination. Simon Wiesenthal a accusé Peiper d’avoir apporté son aide à la mise en place de la solution finale pour les Juifs de l’Italie du Nord[48]. Jusqu’à sa mort, Peiper repousse cette accusation et accuse Wiesenthal d’avoir réduit à néant son retour à la vie civile[49]. Ainsi, il explique qu’il avait fait relâcher de sa propre autorité un groupe de Juifs d’un camp de concentration géré par des Italiens, non par sympathie envers les Juifs, mais parce que leur chef, un rabbin, était Berlinois comme lui[50]. Cette histoire émane de Peiper lui-même et aucune source indépendante ne permet de la corroborer. Au contraire, les sources disponibles montrent que parmi les familles juives arrêtées dans la région de Cuneo, il y en avait une qui venait de Berlin. Comme les autres, elle fut transférée à Drancy avant d’être expédiée à Auschwitz où ses membres furent gazés comme la plupart des Juifs arrêtés dans la région de Cuneo[49].

Nonobstant les dénégations des anciens de la division SS Adolf Hitler ou leurs pertes de mémoire, le fait est que de nombreuses arrestations de Juifs eurent lieu dans le secteur dans lequel ils étaient stationnés au cours de la fin de l’été et du début de l’automne 1943. Pour Westemeier, il semble difficile de croire que ces hommes aient pu ignorer complètement ce qui se passait[51].

Vers la fin du séjour, la division est à nouveau réorganisée : un régiment de chars doté de près de 200 Panther et Panzer IV[49] est créé. La situation militaire sur le front de l’Est s'aggrave et la LSSAH y est de nouveau dépêchée[42].

Dernier séjour sur le front russe[modifier | modifier le code]

Début novembre 1943, l’unité de Peiper arrive sur le front russe où elle participe aux combats dans le secteur de Jitomir. Le 20 novembre, Georg Schönberger (en), est tué au combat et Peiper prend sa place à la tête du 1er régiment de panzer SS, qu'il commande jusqu’à la fin du conflit. Il abandonne ainsi son poste de commandant d’un bataillon d’infanterie blindée pour celui d’un régiment de chars. Il est alors âgé de 28 ans[52]. Sous son commandement, le régiment effectue de nombreux combats de nuit contre les Soviétiques durant l'hiver. Son unité blindée joue un rôle essentiel dans le ralentissement de l'offensive soviétique dans le secteur de Jitomir : Peiper mène des opérations de retardement en pénétrant à l'arrière des lignes ennemies pour investir quatre états-majors de division. Ces combats lui valent la croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne en janvier 1944[44].

 
Détail d'un SdKfz 250/11 de la division Großdeutschland (Russie, septembre 1943).

Toutefois, son style de commandement, qui pouvait être efficace avec des fantassins montés sur des véhicules de transport blindés de type SdKfz 250 ou 251 atteint ici ses limites. Des attaques effectuées sans tenir compte de la situation tactique entraînent de lourdes pertes en hommes et matériel, dont Peiper ne semble vouloir tenir aucun compte[53]. À ce rythme, au bout d’un mois de combats, la force opérationnelle du 1er régiment de panzer est réduite à douze chars en état de marche[54]. Ceci ne fait que renforcer le ressentiment qu’éprouvent à son égard certains officiers qui s'estiment injustement privés du commandement du régiment de panzers[55]. Par ailleurs, son unité continue de se distinguer par des exactions brutales : les 5 et 6 décembre 1943, elle tue 2 280 soldats russes et fait seulement trois prisonniers[53].

Le 20 janvier 1944, Peiper est retiré du front et quitte son unité. Il rejoint directement le quartier général d'Hitler qui lui remet en personne la croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne. Il met également à profit son retour en Allemagne pour revoir son mentor Himmler[56].

Il est cependant éprouvé physiquement et moralement. Un examen médical effectué par les médecins SS à Dachau aboutit à la conclusion qu’il a besoin de repos. Il rejoint dès lors son épouse en Bavière[57].

En mars 1944, la division SS Adolf Hitler est retirée du front russe. Le transfert de toutes ses unités vers Hasselt dans le Nord de la Belgique, ne s’achève que le 24 mai. Peiper ne rejoint pas son unité avant le mois d’avril. Les combats en Russie ont provoqué des pertes énormes, tant en matériel qu’en hommes[58]. Les nouvelles recrues appelées en remplacement des morts, des blessés et des disparus n’ont plus rien à voir avec les volontaires d’avant-guerre, sélectionnés sur des critères raciaux et politiquement fanatiques[58]. C’est dans ce contexte que se place un nouvel incident révélateur.

Cinq jeunes recrues, accusées d’avoir pillé et agressé des civils belges, sont condamnées à mort par la cour martiale de l’unité. Il semble que les cinq jeunes hommes avaient essentiellement cherché à esquiver leurs corvées. Mais durant leur procès, ils avouent avoir subtilisé de la nourriture, des volailles et du jambon. La cour martiale est sans pitié et les condamne à mort, ce qui paraît hors de proportions avec la gravité des infractions commises et déroge à ce qui est connu de la jurisprudence de la cour martiale de la LSSAH dans des cas similaires. Peiper fait exécuter la sentence le 28 mai 1944 et, une fois les cinq hommes fusillés, fait défiler les jeunes recrues devant les cadavres. Il semble que cette exécution eut un effet plutôt négatif sur le moral du régiment[58].

Le séjour dans le Limbourg belge est consacré essentiellement à l’entraînement, ce qui n’est pas chose aisée compte tenu du manque de matériel et d’essence. Néanmoins, comme en temps de paix, une partie du temps d’entraînement est consacrée à des séances d’endoctrinement politique[59].

La bataille de Normandie[modifier | modifier le code]

 
Chars Tiger I de la Leibstandarte près de Villers-Bocage (juin 1944).

Le débarquement de Normandie nécessite le retour de la division SS Adolf Hitler au front face aux Alliés. Le 17 juin, la division commence son déplacement vers la région de Caen. Mais certains détachements du régiment panzer restent en Belgique pour y attendre de nouveaux chars. Par ailleurs, le déplacement de la division est très difficile parce que le matériel ferroviaire nécessaire est consacré à la déportation des Juifs hongrois vers les camps d’extermination, et aussi parce que les attaques aériennes des Alliés causent de fortes perturbations dans le transport ferroviaire. L’intégralité de la division n’atteint sa zone de rassemblement que le 6 juillet 1944[59]. Le 28 juin, le 1er régiment panzer SS, sous le commandement de Peiper, arrive sur le front et est engagé immédiatement[60]. Comme toutes les autres unités allemandes du secteur, malgré quelques succès partiels, il doit livrer essentiellement une bataille défensive jusqu’au moment de la percée d’Avranches à la fin de juillet et au début d’août. Montée au front avec 19 618 hommes, la LSSAH perd 25 % de son effectif[61] et tous ses chars[62]. Comme la plupart des autres divisions de la Waffen-SS engagées en Normandie, elle perd son caractère opérationnel, et n'est d'ailleurs plus reprise, dans le tableau officiel des effectifs établi par l'OKW le 16 septembre 1944, sous la dénomination de division mais sous celle de Kampfgruppe[63].

Pour sa part, Peiper n’est plus aux commandes de son unité lors des contre-attaques dans le secteur d’Avranches. Souffrant d’une dépression nerveuse, il a été évacué discrètement vers un hôpital de campagne dans la région de Sées, à 70 kilomètres du front. Selon le diagnostic officiel, il souffre d’une jaunisse[64] ; il est ensuite dirigé vers l’arrière pour aboutir début septembre 1944 dans un hôpital militaire de réserve proche du Tegernsee, en Haute-Bavière, non loin de sa résidence familiale[64]. Il y séjourne jusqu’au 7 octobre[65].

La bataille des Ardennes[modifier | modifier le code]

L'objectif[modifier | modifier le code]

À l'automne, ce sont les combats sur la Westwall, suivis de l'offensive des Ardennes en décembre[66]. Peiper « avait acquis durant ces années un considérable degré de maturité et son renom n'était plus à faire au sein de l'armée allemande »[67]. Il a « été spécialement sélectionné par Adolf Hitler pour conduire la pointe avancée de la 1re division panzer SS. Sa route de marche avait aussi été choisie par le Führer, mais lorsque Peiper en prit connaissance, il la décrivit comme étant juste adaptée pour des vélos et non pour des tanks »[67]. Remarque à laquelle le chef d'état-major de la 6e armée, Fritz Krämer (en), répondit : « Peu importe ce que vous ferez et comment vous le ferez. Tout ce qu'on vous demande, c'est d'arriver à la Meuse le troisième jour, fut-ce même avec un seul panzer rescapé »[67]. Son Kampfgruppe (groupement tactique), fortement armé, se voit assigner la mission de percer les lignes américaines et de se ruer vers la Meuse afin d'y établir une tête de pont.

Les retards[modifier | modifier le code]

Dès le départ, les retards s'accumulent. D'une part, les troupes parachutistes chargées d'opérer la percée initiale perdent une journée à la réaliser et, d'autre part, la colonne motorisée de Peiper ne progresse que lentement dans les embouteillages à l'arrière du front. Il en résulte que ce n'est que peu avant l'aube du 17 décembre que Peiper peut enfin passer à l'offensive[68]. Bousculant les restes des premières lignes américaines, il s'empare rapidement de Honsfeld et de Bullange (Büllingen) où il met la main sur un petit dépôt d'essence allié[69]. De là, il poursuit sa route sur l'itinéraire qui lui est assigné, dont il doit toutefois dévier peu avant d'atteindre Ligneuville car les chemins de traverse qui lui sont assignés se révèlent impraticables. Ce détour l'oblige à passer par le carrefour de Baugnez où son avant-garde se heurte à une colonne américaine d'observateurs d'artillerie qui est neutralisée après un bref engagement[70].

Poursuivant sur sa route, il franchit Ligneuville pour atteindre les hauteurs de Stavelot, sur la rive gauche de l'Amblève, à mi-chemin de son objectif, au soir du deuxième jour de l'offensive. Alors que la ville n'est défendue que par de maigres troupes alliées et pourrait être facilement prise le jour même, de façon incompréhensible, il tergiverse et reporte son assaut à l'aube du lendemain, perdant un temps précieux qui permet aux Américains de se réorganiser[71]. Après de violents combats, son Kampfgruppe parvient à franchir dans la matinée du 18 décembre le pont sur l'Amblève et à poursuivre son avance vers Trois-Ponts où une mauvaise surprise l'attend.

L'échec[modifier | modifier le code]
 
Panzerkampfwagen VI Königstiger du Kampfgruppe Peiper abandonné à La Gleize.

Les troupes américaines ont pu se ressaisir et faire sauter les ponts sur l'Amblève et la Salm, ponts qui devaient lui permettre de progresser par une voie directe vers son objectif la Meuse. Tout au long de la journée du 18, les troupes américaines du génie font sauter devant lui tous les ponts qu'il aurait pu utiliser pour gagner son objectif, l'enfermant ainsi dans la vallée encaissée de l'Amblève en aval de Trois-Ponts[71]. En outre, profitant du temps plus clair, plusieurs raids de chasseurs-bombardiers alliés attaquent sa colonne étirée sur près de vingt kilomètres. De nombreux véhicules de son groupement sont détruits ou gravement endommagés sans compter que des portions de son itinéraire sont rendues impraticables, compliquant et ralentissant encore sa progression[71]. Pire encore, Peiper néglige d'assurer ses arrières, ce qui permet aux troupes américaines de reprendre et de détruire le pont sur l'Amblève à Stavelot, le coupant ainsi de la seule voie de ravitaillement possible pour les munitions et, surtout, l'essence dont il manque[72]. Nonobstant ces avatars, il poursuit son avance jusqu'à Stoumont avant d'être contraint par la résistance des troupes que les Américains ont pu mettre en travers de sa route, de se replier sur La Gleize où, à bout de carburant, il contient six jours durant les contre-offensives américaines. Privé d'approvisionnement, sans contact avec les autres unités allemandes, il est contraint, le 24 décembre, de saboter ou abandonner ses véhicules et faire retraite à travers bois pour échapper à l'encerclement et la capture[73], avec seulement 800 combattants[74],[75].

Selon certaines sources, lors des briefings précédant l’opération, Peiper aurait clairement déclaré qu’il ne fallait pas faire de quartier, ni de prisonniers et ne manifester aucune pitié envers les civils belges[76].

Le massacre de Baugnez[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Massacre de Baugnez.
 
Les corps des victimes, enfouis sous la neige, sont retrouvés le 14 janvier 1945.

Le 17 décembre 1944, des unités du Kampfgruppe de Peiper massacrent 84 prisonniers de guerre américains au carrefour de Baugnez, non loin de Malmedy. Le massacre de Baugnez n'est pas un acte isolé. Avant celui-ci, à Honsfeld, des éléments de son groupe tuent de sang-froid plusieurs dizaines de prisonniers américains[77],[78]. Un autre massacre de prisonniers de guerre américains est rapporté à Bullange[77],[78],[79].

Après le massacre de Baugnez, de nouvelles exactions sur des prisonniers américains sont rapportées en divers endroits : des membres du Kampfgruppe tuent au moins huit autres prisonniers américains à Ligneuville[79],[80] ; de nouveaux assassinats de prisonniers sont perpétrés à Stavelot, Cheneux, La Gleize et Stoumont les 18, 19 et 20 décembre[79]. Le 19 décembre 1944, dans la région comprise entre Stavelot et Trois-Ponts, alors que les Allemands essayent de reprendre le contrôle du pont sur l'Amblève à Stavelot, essentiel pour que les renforts et les approvisionnements puissent atteindre le Kampfgruppe, les troupes de Peiper se rendent à nouveau coupables de massacres. Au total, le Kampfgruppe Peiper est responsable de la mort de 362 prisonniers de guerre et 111 civils, dont de nombreux femmes et enfants[77],[79],[81],[82],[83].

La fin de la guerre[modifier | modifier le code]

En janvier 1945, ses supérieurs ajoutent les glaives à sa croix de fer[66]. Fin janvier, Peiper est de passage dans la région de Berlin et le 4 février, il voit pour la dernière fois son mentor Heinrich Himmler, à son quartier général provisoire. Il va ensuite à l’école de Panzergrenadiere de Krhanice jusqu’au 14 février. De là, il rejoint son unité au sud-est de la région de Farnad[84]. Son unité prend part à une contre-offensive en direction du lac Balaton, qui échoue, non sans que son unité enregistre à nouveau de lourdes pertes imputables à son style de commandement. Peiper y perd nombre de ses vieux compagnons d’armes[85].

Peiper est promu SS-Standartenführer[b] le 20 avril[réf. souhaitée].

Comme les autres unités allemandes, la division SS Leibstandarte Adolf Hitler est contrainte de se replier. Elle combat en Autriche lorsque le 1er mai 1945, elle est informée de la mort de Hitler. Quelques jours plus tard, l’ordre est donné à toutes les unités de la Waffen-SS de faire retraite vers l’ouest. Le 8 mai, la division SS Adolf Hitler est informée de la capitulation et reçoit l’ordre de traverser l’Enns en direction de l’ouest pour se rendre aux troupes américaines[86].

En compagnie du SS Paul Guhl (en), Peiper cherche à échapper à la captivité. Il se dirige vers Rottach mais, le 28 mai 1945, il est capturé près de Schliersee, à moins de trente kilomètres de chez lui[87].

Bien qu’il soit activement recherché par les forces américaines pour son implication dans le massacre de Malmedy, il faut attendre le 21 août 1945 pour qu’il soit localisé et identifié ; le lendemain, il est transféré au camp d’interrogatoires de la 3e armée américaine à Freising[88].

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Interrogatoire et aveux de Peiper[modifier | modifier le code]

À la suite de la capitulation des armées allemandes, les Américains recherchent dans divers camps de prisonniers les hommes du Kampfgruppe Peiper en vue de les faire comparaître devant un tribunal militaire. Ils sont accusés d'avoir « laissé une trainée de sang d'un bout à l'autre de leur chemin ». Les crimes de guerre au cours de la bataille des Ardennes sont imputés au Kampfgruppe Peiper[77]. L'acte d'accusation collectif, pour les 74 accusés, présente la liste d'une dizaine de lieux où entre 538 et 749 militaires américains et 90 à110 civils belges ont été tués. Peiper n'est pas accusé d'avoir personnellement perpétré ces meurtres, mais d'avoir été le donneur d'ordres. Pour ce qui est de l'accusation centrale, celle du meurtre de 74 ou 83 prisonniers au carrefour de Baugnez, il aurait, selon lui, appris le massacre le lendemain[89]. Il se justifie en évoquant une « confusion » : ses hommes auraient inconsidérément tiré sur le groupe, pour stopper une tentative d'évasion[89].

Emprisonné à Freising, en Autriche, Joachim Peiper a une première entrevue, le 25 août, avec un enquêteur américain, le lieutenant Guth.

Peiper a donné une version de cette entrevue : le lieutenant Guth l'aurait informé de l'état de son dossier : le rapport du major Mac Cown, qui fut son prisonnier, montrerait sous un jour favorable son comportement durant l'offensive des Ardennes ; mais, l'opinion publique américaine exigerait un coupable du massacre et il serait considéré comme le responsable ; sa tête est condamnée ; il pourrait cependant épargner ses hommes en reconnaissant être entièrement responsable des meurtres. Le lendemain, toujours selon Peiper, c'est un autre officier, le capitaine Fenton, qui lui aurait annoncé que les choses iraient mal pour ses hommes et que son silence aggraverait leur situation. L'officier SS aurait alors accepté de fournir un récit des évènements selon ses souvenirs[90].

Transféré au centre d'interrogatoire de Oberurse pour sept semaines, il est confronté, sans résultat, avec les survivants américains. Puis, ce sont cinq semaines en isolement cellulaire au camp pour suspects de crimes de guerre de Zuffenhausen. L'officier interrogateur, le lieutenant Perl, lui aurait précisé qu'il est « l'homme le plus haï d'Amérique et que le public exigerait [sa] tête, [qu'une] malchance particulière résiderait dans le fait que, parmi les victimes du « carrefour », on avait trouvé le fils d'un sénateur et celui d'un industriel influent. Les pères en colère auraient fait beaucoup de bruit et mobilisé la presse. Ainsi, un « incident militaire » serait devenu un « incident politique » que l'on ne pouvait plus ignorer »[90]. Peiper, selon lui, aurait accepté de reconnaître sa responsabilité dans les massacres, mais en posant des conditions : un notaire américain et un allemand devraient être témoins de l'engagement à garantir l'impunité de ses soldats, ce qui lui est refusé[90].

Il est enfin transféré à la prison de Schwäbisch-Hall pour trois mois d'interrogatoire et de confrontation. Dans les aveux des accusés, qui constituent les pièces maîtresses de l'accusation, les soldats et sous-officiers accusent les officiers d'avoir donné les ordres pour tuer les éventuels prisonniers et s'accusent mutuellement d'avoir procédé à ces exécutions, les officiers subalternes avouent que les ordres ont bien existé ; enfin, Peiper accepte la responsabilité des actes de ses subordonnés et avoue que les ordres venaient de lui.

Le procès[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Procès du massacre de Malmedy.
 
Peiper et une interprète pendant le procès à Dachau en 1946.

Le procès a lieu à Dachau du 16 mai au 16 juillet 1946 : le statut de prisonniers de guerre des accusés avait été formellement abrogé le 9 mai. Les accusés comparaissent devant le tribunal militaire de Dachau, composé d’officiers américains de haut rang. Le tribunal fonctionne selon les règles instaurées précédemment par le tribunal militaire international jugeant les hauts dignitaires nazis à Nuremberg. Ce procès a en partie été filmé.

Les accusés sont au nombre de 74, les plus élevés en grade étant le SS-Oberstgruppenführer[h] Sepp Dietrich, commandant de la 6e armée blindée SS, son chef d’état-major le SS-Brigadeführer[i] Fritz Krämer (en), le SS-Gruppenführer[j] Hermann Priess, commandant du 1er corps blindé SS et Joachim Peiper, commandant du 1er régiment blindé SS, unité à laquelle sont imputés les faits incriminés.

Les chefs d’accusation portent sur le massacre de plus de trois cents prisonniers de guerre américains à différents endroits au cours de la bataille des Ardennes ainsi que le massacre d’une centaine de civils belges essentiellement dans les environs de Stavelot.

 
Peiper, debout au centre, pendant le procès (il porte une veste d’uniforme dont les insignes ont été retirés ou masqués).

À la barre des témoins — selon la procédure judiciaire américaine qui autorise ce genre de témoignage — Peiper se rétracte, dénonçant, comme le font deux autres accusés, des aveux qui lui auraient été extorqués. Le tribunal n'accorde cependant pas plus de valeur à ce témoignage qu'à celui du major Mac Cown, très favorable à l'accusé dont, avec une centaine d'hommes, il avait été le prisonnier à La Gleize[91]. Le colonel Rosenfeld, référent légal du tribunal, suggère que l'officier américain a quelque peu collaboré avec l'ennemi[92]. L'avocat de la défense, le colonel Willis M. Everett, tente, sans succès, de faire admettre que les procédures des enquêtes et du procès ont été entachées d'irrégularités.

Condamnation[modifier | modifier le code]

Avec 42 autres coaccusés, Joachim Peiper est condamné à mort le 16 juillet 1946.

À la suite des actions successives, qui vont jusqu'à la Cour suprême des États-Unis, menées par Everett qui voit dans ce procès « la plus grosse farce imaginable[93] », et à la médiatisation en Allemagne et aux États-Unis des accusations portées contre les enquêteurs et le tribunal américains, les peines sont suspendues. Le 20 mars 1948, le général Lucius D. Clay, faisant fonction de juge suprême, confirme la condamnation à mort de Peiper et celle de onze autres condamnés et ordonne l'exécution pour le 20 mai 1948.

Dans l'atmosphère de début de la Guerre froide qui prévaut alors, les autorités américaines sont enclines à l'indulgence envers les criminels nazis. Une campagne de réhabilitation est menée par le sénateur McCarthy et le secrétaire d'état aux armées, Kenneth Royall, et débouche sur la suspension de l'exécution le 19 mai 1948. Le juge Simpson ayant, en septembre 1949, conseillé la commutation des peines capitales en peines de prison, le général Handy suit cette recommandation le 31 janvier 1951. En 1954, la peine de prison à perpétuité de Peiper est réduite à trente-cinq années[94]. Après avoir passé quatre ans et demi dans le quartier des condamnés à mort, Joachim Peiper est le dernier des condamnés du procès à être libéré, le 22 décembre 1956.

La version de Peiper[modifier | modifier le code]

Le 5 juin 1948, dans le quartier des condamnés à mort de la prison de Landsberg, Joachim Peiper faisait une déposition sous serment, reprenant l'essentiel de son témoignage lors du procès[95] Il y décrit les sept mois d'incarcération et d'interrogatoires qui précèdent le procès[90] dont les trois mois passés à Schwäbisch-Hall qui aboutirent à ses aveux. D'après Peiper, fin janvier 1946, le major Fenton lui aurait demandé de rédiger un résumé de sa défense et utilisé sa signature « pour tromper mes officiers, en leur lisant en même temps un texte imaginaire dans lequel je reconnaissais tous les crimes prétendus ».

Peiper prétend également, qu'après que la plupart de ses subordonnés eurent avoué, des menaces contre sa famille auraient été proférées. Confronté à ses officiers, il les présente comme des « hommes entièrement brisés » ; ainsi, son aide de camp, le capitaine Gruhle, qui confirme de manière précise l'existence d'un ordre du jour dont un article disait que des prisonniers devaient être fusillés dans des cas militaires de force majeure. Ces aveux de ses subordonnés mettent Peiper en situation difficile. Il déclare même : « Je commençais à douter de ma mémoire et j'eus le sentiment de me trouver dans le labyrinthe d'un asile d'aliénés. » Les dépositions écrites signées par les généraux Dietrich, Priess, Mohnke achèvent de le démoraliser : il voit s'effondrer l'idéal de « camaraderie » auquel il voulait encore croire. « À partir de ce moment, toute la suite m'était complètement indifférente. » Peiper met également en cause ses conditions d'internement : « On laissait ma cellule éclairée la nuit et on me dérobait le sommeil nécessaire par des dérangements systématiques [...]. Sans compter le fait que je devais, comme officier prisonnier de guerre, porter les pantalons de prison rayés, toute la journée se passait en humiliations conscientes et organisées. » Peiper affirme aussi « avoir été, à son arrivée, le 3 décembre, placé dans une prétendue cellule de condamné à mort, non chauffée », où il resta une semaine « dépouillé de ses effets personnels et de ses vêtements ». « Suite à une plainte introduite auprès du lieutenant-colonel Ellis, [il fut] transféré dans une cellule de l'hôpital [...] lorsque les symptômes d'un début de pneumonie apparurent ». Il finit ainsi : « Durant le trajet qui me conduisait aux interrogatoires, on me passait un capuchon sur la tête. Ces bonnets [...] étaient intérieurement souillés de sang coagulé et répandaient une odeur nauséabonde ».

Libération et retour à la vie civile[modifier | modifier le code]

Les réseaux d’entraide des anciens SS qui avaient aidé l’épouse de Peiper à trouver un emploi à proximité de Landsberg œuvrent à la mise en liberté conditionnelle de Peiper. Pour en bénéficier, il doit pouvoir prouver qu’il aura un emploi lors de sa mise en liberté : à l’initiative du Dr Albert Prinzing, ancien capitaine SS des services de renseignement nazis, devenu depuis la guerre cadre chez Porsche A.G., Peiper se voit offrir un emploi dans cette société[96]. Le 22 décembre 1956, il quitte la prison[96].

Le 17 janvier 1957, il commence à travailler chez Porsche à Stuttgart, dans la division technique et représente ensuite la firme dans des expositions automobiles[97]. Il se voit ensuite confier le développement des exportations de voitures vers les États-Unis. Toutefois, sa condamnation comme criminel de guerre constitue un frein pour cette activité puisqu’elle l’empêche d’obtenir un visa pour les États-Unis[98],[99].

Au fil du temps, il gravit des échelons dans l’entreprise, mais son ambition l’amène à entrer en conflit avec d’autres employés. L’intervention de Ferry Porsche lui-même, qui lui promet une position managériale mais est désavoué par la composante syndicale du conseil d’entreprise qui ne souhaite pas voir des personnes condamnées pour crimes de guerre nommées à des postes de direction, ne parvient pas à désamorcer le conflit. À la suite des réactions véhémentes de Peiper, l’administration de la compagnie et le conseil d’entreprise se mettent d’accord pour le licencier parce qu'il nuit à la bonne atmosphère de l’entreprise et que son passé de criminel de guerre constitue un frein aux ventes sur le plus grand marché de Porsche, les États-Unis. Peiper engage, le 30 décembre 1960, un procès contre son employeur pour obtenir ce qui lui avait été promis[100]. Dans un document adressé au tribunal du travail de Stuttgart, l’avocat de Peiper affirme que celui-ci n’est pas un criminel de guerre, qu’après la guerre les Alliés ont utilisé les procès intentés aux prétendus criminels de guerre pour diffamer le peuple allemand et que le procès de Nuremberg comme celui du massacre de Malmedy ne sont que pure propagande ; s’inspirant des documents publiés par l’historienne d’extrême droite Freda Utley, il invoque le fait que les condamnés au procès du massacre de Malmedy auraient été torturés par les Américains[101]. À la demande de la cour, Peiper et Porsche concluent un accord aux termes duquel il est mis un terme au contrat de Peiper avec Porsche moyennant une indemnité de rupture équivalent à six mois de salaire[101]. Le magazine Der Freiwillige (de), organe des vétérans de la SS ne manque pas cette occasion d’évoquer le héros de guerre « injustement condamné » pour crimes de guerre[101].

Forcé de retrouver du travail, Peiper se décide à s’établir comme formateur à la vente de voitures, grâce à son réseau de contacts dans les anciens de la SS, qui le met en contact avec Max Moritz, un ancien mécanicien SS, devenu concessionnaire Volkswagen pour l’Allemagne[102].

À dater de sa libération, Peiper entretient de nombreux, mais discrets, contacts avec ses anciens compagnons de la SS. S’il évite clairement de s’affilier à la HIAG ou à l’ordre des porteurs de la croix de chevalier, il s’affiche souvent en leur compagnie, notamment lors des obsèques de personnages comme Kurt Panzer Meyer, Sepp Dietrich ou Paul Hausser[103]. Il s’engage dans l’entreprise initiée par ces organisations pour réhabiliter les Waffen-SS tout en oblitérant les aspects peu reluisants de leur passé, en exaltant leurs actions militaires et en tentant de faire passer l'idée que les SS étaient des soldats "comme les autres"[103]. Selon Westemeier, Peiper aurait déclaré à un ami : « je pense personnellement que toute tentative de réhabilitation au cours de notre vie est irréaliste, mais on peut réunir le matériel[104] ».

Au début des années 1960, la perception que l’opinion publique entretient des crimes nazis se met à évoluer. Le redressement économique allemand ne permet plus aux ex-criminels de se dissimuler, et occuper une position en vue dans la société peut attirer des questions embarrassantes que des gens comme Peiper préfèrent éviter[105]. Le procès d’Eichmann et celui d’Auschwitz de 1963 à 1965, très médiatisés en Allemagne fédérale, jettent une nouvelle lumière sur cette période[105]. Les poursuites sont désormais menées par l’Allemagne fédérale elle-même et non plus par les Alliés. Par ailleurs, la prescription des poursuites pour les crimes nazis est à plusieurs reprises reportée, ce qui n’est pas de nature à rassurer ceux qui ont quelque chose à se reprocher[105]. En définitive, ces crimes sont déclarés imprescriptibles en 1979.

Peiper lui-même est rattrapé par son passé lorsque le 23 juin 1964 deux Italiens portent plainte contre lui auprès de l'agence centrale pour la poursuite des crimes nazis à Ludwigsburg, en raison du massacre de Boves[105]. Les plaignants sont représentés par Robert W. Klempner, qui a été membre du conseil américain des procureurs lors du procès de Nuremberg. Les enquêtes menées par le ministère public de Stuttgart se révèlent bientôt fort embarrassantes pour Peiper puisqu’il est accusé de l’arrestation de Juifs à Borgo San Dalmazzo et de la déportation de Juifs en Italie du Nord. Ces accusations sont en outre soutenues par Simon Wiesenthal[105]. Toutefois, tant Klempner que Wiesenthal ne réussissent pas à apporter les preuves réclamées par le ministère public et les poursuites sont abandonnées en 1967 faute de preuves suffisantes[106].

Peiper est à nouveau exposé à son passé lorsqu’il est appelé comme témoin à charge au procès de Werner Best. À cette occasion, il lui est impossible de nier son passé au contact de Himmler, mais il parvient à éviter toute implication directe dans des crimes nazis en prétendant que sa mémoire est défaillante[107].

Sur le plan professionnel, il est devenu, en 1969, correspondant free-lance du magazine Auto, Moto und Sport. En 1972, il décide de s’établir à Traves (Haute-Saône) où il a une propriété de vacances. À cette époque il est traducteur indépendant pour l’éditeur Stuttgarter Motorbuch-Verlag et, sous le pseudonyme de Rainer Buschmann, il traduit des ouvrages consacrés à l’histoire militaire de l’anglais vers l’allemand[107].

Les dernières années[modifier | modifier le code]

À la retraite, en 1972, Peiper décide de s'installer avec sa femme en France, un pays où on ne lui reproche pas de crimes comme c’est le cas en URSS, Italie et Belgique. Il s'installe près de l'Allemagne, dans une région qu'il a déjà connue comme soldat et dont il a apprécié le cadre de vie[108] : à Traves (Haute-Saône), au lieu-dit « Le Renfort[109] ». Il est aidé par son ami Kettelhut (un Allemand aussi), son futur voisin[110]. Kettelhut est un ancien soldat également : ils ont servi dans la même division[111].

Peiper achète un terrain et y fait construire sa maison[112]. Il y mène une vie discrète : peu bavard, inscrit sur liste rouge téléphonique[112], il ne se fait pas remarquer. Seuls ses chiens lui valent des ennuis à cause des aboiements : plusieurs plaintes sont même déposées[109]. Il lui arrive de recevoir des groupes d'Allemands, il se rend alors sur une hauteur derrière l'église et décrit ce qui s'y est passé pendant la guerre[113]. Les Renseignements généraux français affirment avoir ignoré même sa présence[114].

Le 11 juin 1974, Peiper se rend dans un magasin de Vesoul pour acheter du grillage dans le but de construire un chenil pour ses chiens[115]. Le vendeur qui le reçoit n'est autre que Paul Cacheux, un ancien résistant communiste de la région, qui a parcouru le livre brun allemand (qui recense les crimes de guerre allemands) la semaine précédente, et il se souvient qu'il est question page 101 d'un certain Peiper qui a orchestré les massacres de Malmedy (71 Américains assassinés) et Boves (Italie) (un « Oradour » italien où une quarantaine de personnes ont été assassinées et le village brûlé)… Paul Cacheux parle allemand, Peiper a un fort accent, et Cacheux fait tout de suite le rapprochement et quand il pose la question à Peiper « Vous êtes bien Joachim Peiper ? » celui-ci devient blême… Cacheux est certain d'avoir vu juste. L'homme est grand, il a la soixantaine, or le Peiper du livre fait 1,85 m et est né en 1915 : tout correspond. Mais Cacheux est déstabilisé par les remarques de son entourage, et il attend le printemps 1976 avant de contacter un journaliste de L'Humanité, Pierre Durant[116]. Ce dernier se rend à Berlin et confirme l'identité du bourreau[116]. Westemeier affirme que c'est un historien à l’occasion d’une enquête dans les archives de la Stasi qui tombe sur le dossier Peiper et révèle le « pot aux roses[117] ».

Le 20 juin au soir, des militants communistes font des tags et du porte-à-porte dans Traves pour dénoncer la présence du criminel de guerre dans la ville. Le 21, un tract est distribué dans le même esprit[118]. Le lendemain (22 juin), un article du journal L'Humanité interpelle les autorités publiques : « mais que fait le Préfet pour faire cesser cette présence scandaleuse ? ». Peiper est en plus accusé de faire partie d'un réseau secret d'entraide d'anciens SS. Il s'ensuit une campagne médiatique nationale et Peiper reçoit des lettres de menaces. Sa femme rentre en Allemagne[119]. Les autorités politiques, sous la pression médiatique, et négociant avec une FNDIRP désireuse d'intenter un procès, envisagent de ne pas renouveler son permis de séjour, le maire de Traves ayant donné un avis défavorable[120].

Le 13 juillet, Peiper et Kettelhut décident de veiller, à la suite des menaces reçues, mais vers 23 h 30, la garde des gendarmes s'achève alors que Kettelhut prend un somnifère et s'endort[121]. Entre 23 h 30 et 1 h du matin, des coups de feu (au moins huit[122]) retentissent et un incendie ravage la maison de Peiper[121]. Les pompiers arrivent mais sont peu efficaces : la pompe est en panne[121]. Vers 1 h du matin le 14 juillet, on retrouve un cadavre carbonisé, officiellement considéré comme celui de Peiper, sans qu'il ait toutefois été possible de l'identifier formellement[123]. Tout le village est auditionné[109] ; le voisin Kettelhut n'a rien vu, rien entendu[121]. Un seul suspect, vite abandonné, est désigné : Riquette, le cafetier de Vesoul[121]. Officiellement le scénario est le suivant : des hommes du village armés auraient attaqué la maison de Peiper après 23 h 30, ce dernier se serait défendu avec ses armes à feu et aurait eu le temps de brûler des documents gênants avant d'être carbonisé dans sa maison, enflammée par du mazout[124] ; des chiens blessés seront retrouvés quelques kilomètres plus loin. L'hypothèse est émise que le reste calciné est celui d'un chien ; Peiper aurait monté la scène de toute pièce (d'où un cocktail Molotov inutilisé retrouvé sur la scène) ; il serait ensuite parti par le trou dans les barbelés, c'est l'itinéraire que le chien flaireur des gendarmes retrace[125]. Le 7 mai 1977, les experts défendent l'idée que rien ne prouve que le corps est celui de Peiper mais que rien ne s'y oppose non plus.

Après sa mort : l'affaire Peiper[modifier | modifier le code]

Le cadavre carbonisé, d'une longueur de 80 cm de long en l'état, ne peut être formellement identifié et de ce fait alimente des rumeurs sur l'authenticité du cadavre et l'origine réelle de l'incendie. C'est le point de départ de « l'affaire Peiper[k] ». Selon la version officielle, Peiper est mort dans sa maison cette nuit-là. Il est établi que de l'essence a été retrouvée à l'intérieur de la maison[110].

Groupe Peiper

Un « Groupe Peiper » se constitue et décide de venger le SS et envoie des menaces de mort (par courrier et téléphone) au militant communiste de Vesoul qui a reconnu Peiper la première fois, Paul Cacheux[127], à l'Union des syndicats de Vesoul dont les locaux sont plastiqués, au MRAP, à la CGT et au village de Traves tout entier[128].

 

PRESIDENT GEORGE POMPIDOU

Le 23/12/2016

 

Georges Jean-Raymond Pompidou est le fils de Léon Pompidou (1887-1969), instituteur puis professeur d'espagnol, décoré de la Légion d'honneur, et de Marie-Louise Chavagnac (1886-1945), institutrice. Sa sœur cadette, Madeleine Pompidou (1920-2014)[1], agrégée de lettres classiques, épouse en 1946 Henri Domerg (1922-2015), agrégé de grammaire et inspecteur général de l'Instruction publique.

Le futur Président est ainsi fils d'enseignants et petit-fils, tant du côté paternel que du côté maternel, de familles paysannes cantaliennes très modestes. Il est à ce titre un exemple typique de la promotion sociale par l'instruction publique sous la IIIe république : grand-père agriculteur, père instituteur, fils haut fonctionnaire puis membre du personnel politique. Ses parents, instituteurs républicains, admirent Jean Jaurès[2]. Son père milite à la SFIO, ce qui conduit Georges Pompidou à faire de même dans sa jeunesse[3],[4],[5].

(Voir plus bas le paragraphe Généalogie)

Origine et signification du patronyme Pompidou[modifier | modifier le code]

Le patronyme occitan Pompidor [pɔm.pi.ˈdu] (francisé en Pompidou) désigne celui « qui est originaire du Pompidou », nom de plusieurs lieux-dits dans la région, notamment à Glénat, dont un hameau est sans doute à l'origine de la famille de Georges Pompidou, mais aussi à Soturac (Lot), Millau (Aveyron), ainsi que plusieurs lieux en Corrèze, et la commune du Pompidou en Lozère. Le toponyme lui-même désignerait un petit plateau, une hauteur au sommet aplati, d'une racine pomp-, de sens obscur, et du suffixe -idor, -ador (souvent francisé en -idou, -adou)[6].

On trouve aussi des francisations différentes, notamment Pompadour, Pompidor.

Années de formation[modifier | modifier le code]

Il commence sa scolarité à Albi, où son père a été nommé. Jeune homme dilettante mais élève brillant, il obtient le premier prix de version grecque au concours général en 1927[7]. Après avoir passé son baccalauréat au lycée Lapérouse d'Albi, il étudie en classes préparatoires littéraires au lycée Pierre-de-Fermat de Toulouse puis à Paris au lycée Louis-le-Grand aux côtés de Léopold Sédar Senghor et d'Aimé Césaire. Hostile à l'Action française, il milite à la LAURS (faisant parfois le coup de poing avec des militants de la droite nationaliste) et s'inscrit au début de 1930 à une société secrète d'inspiration trotskiste qu'il appelle dans ses lettres « Le Front unique »[3]. Il se passionne pour la littérature et la politique, en particulier pour la SFIO, où il admire Joseph Paul-Boncour.

Il est reçu à l'École normale supérieure en 1931. En 1934, il est cacique de l’agrégation de lettres et diplômé de l'École libre des sciences politiques.

Il aurait alors hésité entre une carrière dans la haute fonction publique et dans les lettres.

Il effectue ensuite son service militaire à Clermont-Ferrand en qualité d'officier de réserve.

Le 29 octobre 1935, il épouse Claude Cahour (1912-2007). N'ayant pas d'enfant, le couple adopte un fils, Alain Pompidou (Paris, 5 avril 1942), médecin - universitaire (spécialisé dans les maladies du sang et notamment le VIH), lui-même père de trois fils : Thomas (1969), Romain (1972) et Yannick (1973).

Carrière de professeur[modifier | modifier le code]

Il enseigne d'abord comme professeur de français, latin et grec en troisième à Marseille au lycée Saint-Charles pendant trois ans. Il est ensuite nommé à Paris au lycée Henri-IV, où il est chargé de classes de lettres supérieures et de préparation à l'École coloniale.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il est mobilisé en 1940, au 141e régiment d'infanterie alpine. Parlant allemand, il est nommé officier de renseignement dans son régiment qui opère en Allemagne, en Alsace, en Bretagne, et enfin lors des combats de la Somme. Il est décoré de la Croix de guerre en même temps que son régiment à cette occasion. Le jeune lieutenant est démobilisé après la bataille de France et revient alors redonner ses cours d'hypokhâgne au lycée Henri-IV[8].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il travaille à l’édition critique de Britannicus[9] et envisage d'écrire des scénarios.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

 
Pompidou caricaturé par Maurice Tournade.

Sous la IVe République (1946-1958)[modifier | modifier le code]

À la Libération, il est professeur d'hypokhâgne (professeur de classes préparatoires littéraires) au lycée Henri-IV. Il obtient en 1944, par le biais d'un ami gaulliste, René Brouillet (qu'il a connu à l'École normale supérieure[10]), un poste de chargé de mission pour l'Éducation nationale au cabinet du général de Gaulle, président du Gouvernement provisoire de la République française dont il devient progressivement un homme de confiance.

Après le départ du général de Gaulle, il est directeur du commissariat au Tourisme (1946-1949) et devient maître des requêtes au Conseil d'État tout en restant un de ses conseillers proches, s'occupant notamment de la fondation Anne-de-Gaulle. Il dirige son cabinet jusqu'en 1953, mais s'implique peu dans la construction du RPF de Jacques Soustelle. Lors de la mise en sommeil par de Gaulle du RPF, il recrute Olivier Guichard pour le remplacer, et entre, avec l'appui d'un ami, René Fillon, à la banque Rothschild, en 1954 ; il occupe ce poste jusqu'en 1958. Restant en bons termes avec le Général, il ne semble plus faire de politique et mène une vie culturelle riche.

Sous la présidence du général de Gaulle (1959-1969)[modifier | modifier le code]

Débuts (1959-1962)[modifier | modifier le code]

Lors du retour au pouvoir du général de Gaulle, en 1958, il sort de l'ombre en devenant son directeur de cabinet jusqu'à son installation à l'Élysée : de Gaulle l'invite à s'installer à ses côtés dans la voiture présidentielle lors de son investiture. Ayant participé à la rédaction de la constitution, il est nommé, en mars 1959, au Conseil constitutionnel, où il siège jusqu'en 1962. À la demande de De Gaulle, il entre en contact avec le FLN lors de discussions qui ont lieu à Neuchâtel et à Lucerne, en Suisse, préparant ainsi les accords d'Évian.

Premier ministre (1962-1968)[modifier | modifier le code]

Après le référendum d'avril 1962 approuvant les accords d'Évian, il est nommé Premier ministre le 14 avril 1962. C'est un quasi-inconnu que nomme le général de Gaulle pour succéder à Michel Debré. Sa carrière faillit s'interrompre quand à l'été 1962, il mit sa démission en jeu pour obtenir du général de Gaulle la grâce du général Jouhaud, l'un des putschistes d'Alger, qui aurait dû être fusillé après sa condamnation à mort[11].

Malgré quelques secousses (grèves des mineurs en 1963, dissolutions et référendum), Pompidou exerce en pleine période des Trente Glorieuses, caractérisée par une croissance économique forte, et reste, aux yeux d'une partie des Français, le symbole du renouveau et de la modernisation de la France des années 1960. Son nom évoque au XXIe siècle la capacité de l'État à mener l'industrialisation du pays[réf. souhaitée].

Cinq gouvernements se succèdent de 1962 à 1968.

Premier gouvernement (1962)[modifier | modifier le code]

Pompidou forme son premier gouvernement avec cinq ministres d'État : André Malraux qui conserve son poste aux Affaires culturelles, l'éphémère Pierre Pflimlin du MRP à la Coopération, Louis Jacquinot (proche des Républicains indépendants de Giscard) aux DOM-TOM, tandis que Louis Joxe est reconduit aux Affaires algériennes et que Gaston Palewski, qui sera, avec Pierre Messmer, « fortement irradié »[12] lors de l'accident de Béryl le 1er mai 1962, est chargé de la Recherche scientifique et des questions atomiques. Outre ces ministres, on retrouve Maurice Couve de Murville aux Affaires étrangères (qui occupe ce poste depuis 1959, et ce jusqu'à sa nomination à Matignon), Roger Frey à l'Intérieur, Pierre Messmer aux Armées et Valéry Giscard d'Estaing aux Finances.

À la suite de la conférence de De Gaulle rejetant l'« Europe intégrée », les cinq ministres du MRP (dont Pflimlin et Maurice Schumann) démissionnent le 15 mai 1962, conduisant à un remaniement ministériel. Deux autres légers remaniements ont lieu en septembre, alors que la droite obtient la majorité lors des sénatoriales, et en octobre 1962.

En septembre 1962, de Gaulle annonce son intention de modifier la Constitution afin que le président de la République soit élu au suffrage universel. Les parlementaires manifestant leur hostilité, de Gaulle décide de procéder par référendum. Le choix de ne pas passer par l'article 89 de la Constitution, qui prévoit les procédures de révision constitutionnelle, conduit l'ensemble des partis, hormis la majorité gaulliste, à voter une motion de censure le 5 octobre 1962 contre le gouvernement. Georges Pompidou présente alors sa démission, refusée par de Gaulle, qui préfère dissoudre l'Assemblée nationale le 10 octobre. Jusqu'au référendum, le gouvernement se contente d'expédier les affaires courantes. Le 28 octobre 1962, le succès du référendum sur l'élection au suffrage universel du président de la République renforce la position de De Gaulle.

Le président du Sénat, Gaston Monnerville (GD), parle quant à lui de « forfaiture » et saisit le Conseil constitutionnel, qui se déclare, le 6 novembre 1962, incompétent pour juger inconstitutionnelle une réforme approuvée par référendum, quand bien même elle n'aurait pas respecté l'art. 89.

Deuxième gouvernement (1962-1966)[modifier | modifier le code]
 
Signature du Traité de l'Élysée le 22 janvier 1963 : Georges Pompidou est assis à la gauche de Charles de Gaulle.

Les élections législatives anticipées qui font suite à la dissolution et au référendum, les 18 et 25 novembre, marquent une importante victoire pour la majorité, avec 233 sièges sur 482 pour les gaullistes de l'UNR-UDT et 35 pour leurs alliés Républicains indépendants de Valéry Giscard d'Estaing, représentants de la tendance libérale (au sens économique). Pompidou forme alors son deuxième gouvernement, le 28 novembre, qui dure jusqu'à 1966. Celui-ci a une composition semblable au premier.

Georges Pompidou se positionne alors progressivement comme le dauphin potentiel du général de Gaulle, et multiplie les déplacements seul à l'étranger (en dehors des fois où il accompagne le président de la République) : en Turquie du 15 au 17 juillet 1963, au Japon du 6 au 11 avril 1964, en Suède du 7 au 17 juillet suivant, au Pakistan et en Inde du 5 au 13 février 1965. Il visite également les futurs sites du centre d'expérimentation nucléaire du Pacifique sur les atolls de Mururoa et Fangataufa en Polynésie française, du 25 au 30 juillet 1964. Du 17 au 30 avril 1964, conformément à l'article 21 de la Constitution, il remplace de Gaulle, hospitalisé alors pour une opération de la prostate, pour présider les conseils des ministres. Fidèle du président, il défend avec véhémence les institutions de la Cinquième République face à ses opposants dont François Mitterrand, auquel il répond notamment lors d'une séance houleuse à l'Assemblée nationale le 24 avril 1964 : « Vous restez profondément fidèle à la conception de la IVe République qui mettait la totalité des pouvoirs dans l'Assemblée nationale et faisait du pouvoir exécutif une simple délégation consentie, pour un moment, par les groupes de l'Assemblée à un rassemblement hétérogène et passager baptisé "gouvernement". L'événement a glissé sur vous sans laisser sa trace et, pourtant, il est jalonné par les désastres et quelquefois les déshonneurs que nous a valus l'incapacité fondamentale à laquelle on se condamne en prétendant fonder l'État et la politique de la France sur les divisions », qu'« il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Sur les rives paisibles de l'opposition, comme les émigrés de l'Ancien Régime sur les rivages de l'Angleterre » ou encore que « l'avenir n'est pas à vous [l'opposition]. L'avenir n'est pas aux fantômes »[13].

La politique de son gouvernement est tout d'abord marquée par le développement de l'aménagement du territoire et des grands équipements directement planifiés par l'État, avec la création le 14 février 1963 de la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR), de la politique des métropoles d'équilibre et de la Mission interministérielle d'aménagement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon (dite Mission Racine) la même année[14] ; le lancement en 1964 du projet de construction d'un nouvel aéroport international en région parisienne à Roissy-en-France baptisé « Paris Nord » ; la création toujours en 1964 des préfets de région ; la décision (appliquée en 1968) de réorganiser l'Île-de-France avec l'éclatement des anciens départements de la Seine et de Seine-et-Oise en sept nouveaux départements (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Yvelines, Essonne et Val-d'Oise) ; le « plan neige » de 1965 ; la définition de la politique des villes nouvelles ou encore l'essor du réseau autoroutier dont la longueur quadruple en deux ans, passant de 126 km en 1958 à 658 km en 1965[15]. La France est également en plein essor industriel, l’indice de la production industrielle (base 100 fixée en 1959) s'établissant à 140 en 1965, avec notamment le lancement du premier satellite français, Astérix, le 26 novembre 1965, symbole de l'entrée du pays dans le cercle des puissances spatiales[16]. Sur le plan économique et financier, que Georges Pompidou considère comme faisant partie de son « domaine réservé » de Premier ministre, cette période est marquée par un retour à la stabilité financière et monétaire, avec le passage d'une balance des paiements déficitaire de 275 millions de dollars américains en 1958 à un excédent de 5 milliards en 1965, et la dette extérieure est ramenée de 2,9 milliards de dollars en 1959 à 500 millions en 1965.

Aux cantonales de mars 1964, la gauche progresse nettement, de même que lors des sénatoriales de septembre 1965. Lors des municipales de mars 1965, la droite ne l'emporte qu'à l'aide des candidats divers droite, non affiliés aux partis principaux : le PCF obtient autant que les Républicains indépendants (3,7 %) et la SFIO obtient légèrement plus que l'UNR gaulliste (8,7 % contre 8,5 %). Juste avant le scrutin, Pompidou avait déclaré à la presse dans une causerie « au coin du feu » vouloir voir que l'esprit qui avait prévalu dans l'électorat pour les législatives soit le même que pour les municipales et que chaque ville de France « puisse marcher et progresser au même rythme de l'État ». L'opposition l'interprète comme un chantage, sous-entendant que seules les municipalités pro-gouvernementales seraient aidées, et Le Monde reproche au Premier ministre d'avoir manqué de « fair play ».

Pour l'élection présidentielle fixée au 5 décembre 1965, Charles de Gaulle tarde à préciser son intention de se représenter (n'annonçant sa candidature que le 4 novembre, et laissant planer le doute d'un éventuel retrait en faveur de son Premier ministre alors que celui-ci a toujours démenti à cette époque avoir toute ambition de se présenter, ayant déclaré dès novembre 1964 : « La succession du Général n'est pas ouverte et ne le sera pas de sitôt »), et se refuse à participer à la campagne du premier tour. Face à l'union de la gauche derrière un candidat unique, François Mitterrand, et une série de sondages faisant état de la possibilité d'un second tour alors que les premières études montraient le président sortant réélu au premier, Georges Pompidou et ses ministres pressent de Gaulle d'utiliser son temps de parole, ce qu'il fait à la télévision le 30 novembre. François Mitterrand et Jean Lecanuet[17] ayant finalement réussi à mettre le président sortant en ballotage, Georges Pompidou devient le principal organisateur de sa campagne au second tour et le convainc d'être cette fois présent sur la scène médiatique, ce qui lui permet d'être réélu.

Troisième gouvernement (1966-1967)[modifier | modifier le code]
 
Georges Pompidou, en 1965.

Le 8 janvier 1966, après la réélection de Charles de Gaulle à la présidence de la République, Georges Pompidou est une nouvelle fois nommé Premier ministre et forme son troisième gouvernement, qui dure jusqu'en avril 1967. Sensiblement similaire aux précédents, il décide néanmoins du départ de Valéry Giscard d'Estaing, jugé trop impopulaire, du ministère de l'Économie et des Finances, portefeuille qu'il confie à son prédécesseur à Matignon, Michel Debré, en espérant placer sous son contrôle ce concurrent potentiel parmi les fidèles du Général. Il se rend à Londres du 6 au 8 juillet 1966 et s'entretient à nouveau le 26 janvier 1967 avec le Premier ministre britannique, le travailliste Harold Wilson, pour lui expliquer le refus exprimé par la France à l'adhésion de son pays au Marché commun.

Son gouvernement est cette fois-ci marqué par la décision du général de Gaulle de retirer la France du commandement intégré de l'OTAN en mars 1966, la création de la police nationale actuelle (en y incluant la préfecture de police de Paris) afin de centraliser au niveau de l'État la supervision et la coordination des moyens policiers, la mise en place progressive du plan Calcul visant à doter la France d'une industrie informatique indépendante et performante, le lancement du premier sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE), Le Redoutable, le 29 mars 1967.

Mais il doit surtout faire face à une opposition plus combative, un temps réunie derrière François Mitterrand, qui, fort de son arrivée au second tour de la présidentielle, forme un contre-gouvernement le 13 mars 1966. La Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), qui rassemble à l'initiative de François Mitterrand les courants non-communistes depuis décembre 1965, dépose au printemps 1966 une motion de censure, défendue par Guy Mollet, contre le gouvernement[18] : l'opposition socialiste proteste en effet contre le retrait du commandement intégré de l'OTAN, décidé par de Gaulle en mars, Maurice Faure (du Rassemblement démocratique) déclarant alors « si chacun de nos alliés se comportait comme vous le faites et prenait les décisions que vous venez de décréter, cela ne signifierait rien d'autre que le retrait de toutes les forces américaines du continent européen. »[18]

Lors des législatives de mars 1967, le Premier ministre s'engage personnellement dans la campagne et fait figure à cette occasion de véritable chef de la majorité et du mouvement politique gaulliste. Il réussit à maintenir l'unité de la coalition gouvernementale en faisant accepter à ses partenaires en mai 1966 le principe de la candidature unique dans chaque circonscription et de la coordination des actions de campagne par la création d'un « Comité d'action pour la Ve République » (dont il prend la présidence et chargé de distribuer les investitures), afin de couper court aux velléités des Républicains indépendants de Valéry Giscard d'Estaing ou des gaullistes de gauche de faire cavaliers seuls. Lui-même candidat pour la première fois, dans la seconde circonscription du Cantal, il se lance à partir du 22 février 1967 dans un « tour de France électoral » : il visite, entre autres et outre le Cantal, Nantes, le Lot (à deux reprises), le Jura, le Doubs, le Nord, Rambouillet, Sens, Fontainebleau, Nevers et Grenoble. Il débat avec les principales figures de l'opposition, dont François Mitterrand à Nevers le 22 février auquel il lance : « Il ne sert à rien de prétendre qu'on ne va pas revenir à la IVe République alors qu'on réunit les conditions qui, fatalement, nous y ramènent ». À Grenoble, il fait face de manière passionnée à Pierre Mendès France le 27 février et lui répond, lorsque son adversaire lui demande s'il sera tenu compte du résultat des législatives dans la formation du gouvernement en cas de victoire de la gauche, qu'il s'agit là d'une compétence du président de la République et que : « Je fais exprès de ne pas le savoir ». Il fait valoir qu'à titre personnel, il formerait un exécutif similaire en ne tenant compte qu'« un peu » des changements au Parlement. Mais, surtout, il commence à prendre en main la formation gaulliste, à introduire des personnes lui étant fidèles dans le jeu politique de la majorité et en modernisant ses cadres. Il initie ainsi la stratégie des « Jeunes loups » consistant à présenter des jeunes cadres, souvent énarques, dans des circonscriptions réputées être des fiefs de l'opposition dans le centre et le sud-ouest : Jean Charbonnel (chargé d'organiser cette opération électorale) et Jacques Chirac en Corrèze, Jean-Pierre Dannaud et Bernard Pons dans le Lot[19], Pierre Mazeaud dans la Haute-Vienne ou Robert Poujade en Côte-d'Or.

Le scrutin marque néanmoins, après un premier tour qui laissait prévoir pourtant une nette victoire des gaullistes et de leurs alliés, un recul de la majorité, au profit de la gauche : la majorité n'est plus que de 244 députés (200 gaullistes, 42 Républicains indépendants et 2 divers droite) sur 486. Georges Pompidou, qui a été élu dès le premier tour dans la 2e circonscription du Cantal, présente sa démission de la tête du gouvernement le 1er avril 1967, mais est maintenu cinq jours plus tard par le général de Gaulle.

Quatrième gouvernement (1967-1968)[modifier | modifier le code]

Après cette victoire étriquée, Georges Pompidou tente de rafraîchir le gouvernement en y introduisant de nouvelles têtes (telles que le conseiller constitutionnel Edmond Michelet comme ministre d'État chargé de la Fonction publique, le gaulliste europhile Maurice Schumann ministre d'État à la Recherche scientifique et aux Questions atomiques et spatiales, le gaulliste de gauche et ancien socialiste Georges Gorse à l'Information ou le « Jeune loup » Jacques Chirac, que Pompidou surnomme vite « Mon bulldozer », comme secrétaire d'État à l'Emploi) ou en réussissant à mouvoir de leurs portefeuilles certains « barons » (l'éternel ministre de l'Intérieur des gouvernements précédents Roger Frey prend cette fois le poste de ministre d'État chargé des Relations avec le Parlement, et Louis Joxe abandonne la Réforme administrative qu'il détenait depuis 1962 pour la Justice). Mais Charles de Gaulle maintient dans leurs charges certains incontournables, même alors qu'ils ont été battus pour certains lors des législatives : Maurice Couve de Murville aux Affaires étrangères, André Malraux aux Affaires culturelles ou Pierre Messmer aux Armées. Il s'agit finalement d'un changement tout relatif : parmi les 29 ministres et secrétaires d'État, 8 n'étaient pas présents dans le précédent gouvernement et 5 ont changé d'attribution.

Mais surtout, Georges Pompidou concrétise sa prise de contrôle des partis gaullistes avec pour but d'en faire des machines électorales et d'attirer de nouvelles générations. Ainsi préside-t-il, lors des assises nationales de l'UNR à Lille du 24 au 26 novembre 1967, à la fusion de cette dernière avec l'UDT, le rassemblement des gaullistes de gauche, pour former l'Union des Démocrates pour la Ve République (UD-Ve), ce que Le Monde qualifie le lendemain de "gaullisme successoral". Il place à la tête du mouvement gaulliste, comme secrétaire général, un des « Jeunes loups » tout juste élus en 1967, Robert Poujade (49 ans).

En ce qui concerne la gestion gouvernementale, il demande et obtient en avril 1967 de l'Assemblée nationale, et malgré une vive opposition à gauche mais aussi au sein même de la majorité (le ministre de l'Équipement et du Logement Edgard Pisani démissionne dès le lendemain de l'annonce en conseil des ministres de cette décision), de faire jouer l'article 38 de la constitution et donc de pouvoir légiférer par ordonnances dans des domaines économiques et sociaux jusqu'au 31 octobre 1967. Cette mesure vise notamment à préparer rapidement l'économie française à la suppression totale des barrières douanières intervenant au sein de la CEE à compter de juillet, mais aussi à régler le problème du déficit de la Sécurité sociale et celui de la participation des salariés au capital de leur entreprise, thème cher tant au général de Gaulle qu'aux gaullistes de gauche : ceux-ci critiquent vivement le conservatisme du Premier ministre en matière sociale. Les ordonnances permettent alors la création de l'ANPE afin de prévenir le retour du chômage en France (il touche à cette époque 430 000 personnes, soit 2 % de la population active), de rendre obligatoire la participation des salariés aux résultats dans les entreprises de plus de 100 salariés ou encore une réforme de la Sécurité sociale (création de trois caisses à la gestion autonome à l'exception d'une trésorerie unifiée et directement supervisée par le gouvernement : Caisse nationale d’assurance maladie CNAM, la Caisse nationale d’assurance vieillesse CNAV et la Caisse nationale des allocations familiales CNAF). Quoi qu'il en soit, ce « passage en force » entraîne le dépôt le 20 mai 1967 par les députés communistes d'une motion de censure qui n'est rejetée qu'à huit voix près (236 pour, la majorité absolue étant fixée à 244), et une grève générale contre les pouvoirs spéciaux est organisée le 17 mai. Les cantonales de septembre 1967 confirment l'avancée opérée par la gauche dans l'électorat.

Crise de Mai 68[modifier | modifier le code]

Mais le quatrième gouvernement Pompidou est surtout marqué par les événements de mai 1968. Rentré précipitamment d'un voyage officiel en Afghanistan du fait de l'aggravation de la situation le 11 mai, Georges Pompidou s'affirme comme un partisan de l'apaisement, de la négociation avec les syndicats et gère directement la crise en se substituant, avec le président, au ministre de l'Intérieur Christian Fouchet. Il décide ainsi seul de la réouverture de la Sorbonne le 11 mai, prend toutes les décisions avec ses principaux collaborateurs (Jacques Chirac, Pierre Juillet, Édouard Balladur et Michel Jobert) durant l'absence du général de Gaulle, en voyage en Roumanie du 14 au 18 puis à la suite de sa « disparition » de 24 heures à Baden-Baden du 29 au 30 mai (Pompidou n'aura été informé du départ du général qu'à la dernière minute, vers 11 heures du matin le 29, et apprend que le gouvernement a perdu sa trace à 14 h 30 le même jour), prend l'intérim du ministère de l'Éducation nationale le 25 à la suite de la démission d'Alain Peyrefitte et ouvre le même jour des négociations avec les syndicats - avec l'aide de son Secrétaire d'État à l'Emploi Jacques Chirac - pour aboutir aux accords de Grenelle le 27.

Après le retour à Paris de Charles de Gaulle le 30 mai, il lui présente sa démission, considérant le fait que le président ait pris contact avec l'armée (le général Jacques Massu à Baden-Baden) sans l'avertir (alors que le Premier ministre est « responsable de la Défense nationale » selon l'article 21 de la Constitution) comme un désaveu personnel, mais le chef de l'État la refuse. La solution défendue depuis plusieurs jours par Pompidou pour sortir de la crise s'impose alors au général : la dissolution de l'Assemblée nationale et l'ajournement du référendum sur l'Université que de Gaulle souhaitait organiser depuis le 24 mai. En attendant les élections législatives anticipées du 23 et 30 juin 1968, Pompidou remanie en profondeur son gouvernement. Tous ses membres, sauf André Malraux, se présentent dans une circonscription aux législatives. Le Premier ministre est sorti renforcé de la crise[20] et des législatives qui sont marquées par un véritable raz-de-marée gaulliste : l'Union pour la défense de la République (UDR), nouveau nom du parti gaulliste, obtient à elle seule la majorité absolue avec 294 sièges sur 485, une première en France, et en tout, la majorité dispose de 367 députés, tandis que de nombreuses personnalités de l'opposition sont battues, dont Pierre Mendès France. Pompidou entretient ensuite des relations de plus en plus tendues avec Charles de Gaulle et se montre réservé face à certains grands projets du chef de l'État tel que le référendum sur la participation. Il présente une nouvelle fois sa démission, comme le veut la tradition, après le résultat des législatives le 1er juillet 1968 mais de Gaulle fait mine dans un premier temps de la refuser tout en confirmant cinq jours plus tard le départ de Pompidou. Celui-ci est officiel le 10 juillet 1968, le président de la République écrivant à son ancien chef de gouvernement en acceptant sa démission qu'il doit « se sentir prêt à accomplir toute mission et à assurer tout mandat qui pourrait un jour lui être confié par la nation ». Il est remplacé le 21 juillet par Maurice Couve de Murville. Étant resté à Matignon plus de 6 ans, Georges Pompidou est à ce jour le Premier ministre français resté le plus longtemps en fonction.

« En réserve de la République » (1968-1969)[modifier | modifier le code]

Conseiller municipal de Cajarc (Lot) depuis 1965, élu député du Cantal au premier tour le 16 juin 1968 avec 80 % des suffrages exprimés, Georges Pompidou siège alors pour la première fois réellement à l'Assemblée nationale où il prend la présidence d'honneur du groupe UDR, mais se tient à l'écart des travaux parlementaires, alors que les gaullistes de gauche ont pris l'ascendant au sein du gouvernement[21].

Lorsque Georges Pompidou, lors d'un voyage à Rome en janvier 1969, est interrogé sur la façon dont il voit son avenir, il répond : « Ce n'est un mystère pour personne que je serai candidat à une élection à la présidence de la République quand il y en aura une, mais je ne suis pas du tout pressé »[22]. Cet « appel de Rome » lui vaut les critiques de nombreuses personnalités gaullistes et est considéré comme un facteur de l'échec du référendum de 1969, les Français ayant perçu une alternative au général de Gaulle. Son amitié avec Louis Vallon, déjà malmenée par leurs divergences sur la participation, n'y survit pas.

C'est aussi à cette époque post-68 qu'éclate l'affaire Marković (le garde du corps d'Alain Delon assassiné) où l'on tente de compromettre sa femme en faisant circuler des rumeurs à son sujet (on parle de photos d'orgies où Claude Pompidou, sa femme, figurerait, photos qui se sont avérées être des faux grossiers). Blessé à l'extrême, il reproche à l’Élysée de ne pas l'avoir averti, et surtout à René Capitant, alors Garde des Sceaux, d'avoir laissé cette rumeur déshonorante, basée sur les paroles d'un voyou, se propager. C'est le point de rupture définitif entre le Général et Pompidou.

Présidence de la République (1969-1974)[modifier | modifier le code]

Élection présidentielle de 1969[modifier | modifier le code]

 
Les résultats du second tour de l'élection présidentielle de 1969 en France métropolitaine.

Après l'échec du référendum d'avril 1969, le général de Gaulle se retire aussitôt de ses fonctions et une élection est organisée.

Georges Pompidou se déclare candidat le 29 avril. Il obtient aussitôt le ralliement de l'UDR. Seule une partie des gaullistes de gauche derrière René Capitant (qui envisage même un moment de se présenter) et Louis Vallon ne le soutiennent pas. Par la suite, ce dernier est exclu de l'UDR pour avoir publié après l'élection un virulent pamphlet contre Pompidou, L'Anti-De Gaulle. Valéry Giscard d'Estaing mène un jeu plus complexe : il cherche à susciter la candidature d'Antoine Pinay, qui se récuse, puis rencontre Alain Poher avant de rallier Georges Pompidou le 30 avril.

Pompidou, ayant reconstitué l'ancienne majorité, s'attache à réaliser une ouverture en direction des centristes. Répondent à son appel René Pleven, Joseph Fontanet et Jacques Duhamel. La gauche étant incapable de présenter une candidature unitaire, au contraire de 1965, son rival le plus sérieux devient vite le président du Sénat qui exerce l'intérim de la fonction présidentielle, Alain Poher. Les premiers sondages donnent d'ailleurs ce dernier vainqueur.

Pompidou sait renverser la tendance, menant une campagne active en province, mettant en valeur les ralliements qu'il a obtenus. Au premier tour, qui se déroule le 1er juin, il arrive nettement en tête avec 10 051 783 voix (44,5 %) devant Alain Poher (23,3 %) et le communiste Jacques Duclos (21,3 %), le socialiste Gaston Defferre n'ayant obtenu que 1 133 222 suffrages (5,01 %).

Le Parti communiste appelant à l'abstention, le second tour n'est plus qu'une formalité. Le 15 juin 1969, Georges Pompidou est élu président de la République avec 11 064 371 voix (58,21 %), face à Alain Poher qui en obtient 7 943 118 (41,79 %). Il entre en fonction le 20 juin[23] et nomme le jour même Jacques Chaban-Delmas au poste de Premier ministre, fonction que celui-ci occupa jusqu'au 5 juillet 1972, date à laquelle lui succède Pierre Messmer, demeuré en fonction jusqu’au 27 mai 1974.

Considérations générales[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Présidence de Georges Pompidou.

Sa première initiative en politique extérieure est de convoquer un sommet des chefs d'État des six membres de la Communauté économique européenne pour rompre l'isolement diplomatique de la France et donner une nouvelle dynamique à la construction européenne : c'est la relance de La Haye. Si la défense des intérêts nationaux de la France est prioritaire, il se montre sincèrement européiste, énonçant le triptyque « achèvement, approfondissement et élargissement » qui sert de base à la politique de construction européenne par la suite[24].

Sur la scène internationale, Georges Pompidou continue la politique gaullienne d'indépendance tout en l'assouplissant, notamment à l'égard des États-Unis et de la Grande-Bretagne dont il accepte l'entrée dans la CEE.

Au niveau national, Georges Pompidou entend moderniser la France : il continue la modernisation économique et l'industrialisation (avec le lancement ou la concrétisation de grands projets français ou européens, tel le consortium Airbus ou le TGV), tout en devant faire face à des conflits sociaux et aux premiers contrecoups du choc pétrolier de 1973. Il suscite les critiques d'hommes politiques conservateurs tels qu'Édouard Lebas, ancien préfet de la Manche et ancien député gaulliste, qui le qualifie dans le Journal du Parlement de « Pompilate », diatribe dans laquelle on peut lire : « Pompidou 1er le Mécréant s'est astreint à aller à la masse »[25].

Il développe l'automobile au détriment des autres modes de transport. Il dit à ce propos en 1971 : « Il faut adapter la ville à l'automobile ». Le nombre de cyclistes régresse et le nombre d'automobilistes augmente significativement. Dans bon nombre de villes, beaucoup de vieux quartiers sont détruits pour faire place à des voies express ou élargir certains axes comme à Lyon avec le tunnel de Fourvière[réf. nécessaire]. C'est cependant à tort qu'on lui attribue généralement la paternité du plan autoroutier pour Paris qui a principalement été conçu par les services techniques, les architectes et urbanistes de la ville de Paris.

Cependant, il s'intéresse à l'environnement et à la conservation des paysages, convaincu que « le côté paysan est peut-être le côté de l'avenir par beaucoup d'aspects ». En 1971, il institue le ministère de la Protection de la nature et de l’Environnement.

Il favorise le développement de l'agriculture intensive et de l'agro-industrie par la mécanisation et l'utilisation d'engrais et de pesticides[26]. Dans le même temps, il lance les premiers labels et appellations d'origine.

Il a une politique ambiguë concernant l'immigration et le racisme, notamment lors des ratonnades de 1973.

Saisi en référé par Maître René Floriot représentant le président Pompidou, le Tribunal de grande instance de Paris a, en 1970, interdit au journal L'Express de publier une publicité utilisant l'image du président de la République. La photo prise pendant les vacances présidentielles en Bretagne montrait Georges Pompidou à bord d'un bateau équipé d'un moteur de marque Mercury, commanditaire de la publicité.

Grandes étapes de sa présidence[modifier | modifier le code]

Gouvernement Jacques Chaban-Delmas (20 juin 1969 - 5 juillet 1972)
 
Georges Pompidou et le chancelier allemand Willy Brandt le 3 juillet 1972.
Gouvernements Pierre Messmer (7 juillet 1972 - 27 mai 1974)

Maladie et mort[modifier | modifier le code]

 
Le 24, quai de Béthune, dernier lieu de vie de Georges Pompidou.
 
La tombe de Georges et Claude Pompidou, à Orvilliers où le couple possédait une maison de campagne.

Georges Pompidou est atteint de la maladie de Waldenström. D’après le médecin Jean Bernard, Georges Pompidou en était atteint depuis 1968 et le savait très probablement au moment de sa victoire à l’élection présidentielle. Selon lui, s’il avait renoncé à son mandat présidentiel, la progression de cette maladie du sang n'aurait pas été aussi rapide[31]. D'après la CIA, sa maladie a été diagnostiquée à l’été 1971[32].

Dans les derniers mois de sa vie, la maladie et les corticoïdes rendent son visage extrêmement gonflé, lui font prendre beaucoup de poids et ralentissent sa démarche[33]. Il se consacre essentiellement à la politique étrangère et délègue de plus en plus, notamment au secrétaire général de la présidence de la République, Édouard Balladur[34],[35]. À partir de l'hiver 1973, il se retire dans son appartement de l'île Saint-Louis et est placé sous une assistance médicale permanente, la septicémie ayant envahi son organisme[36]. Malgré la rumeur concernant son réel état de santé, les déclarations officielles font état de simples « grippes »[33].

Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, un communiqué officiel, signé le 7 février 1974 par le médecin personnel de Georges Pompidou, Jean Vignalou, informe sur la santé du président[32]. Le communiqué du 21 mars 1974 fait état d'une « lésion bénigne d'origine vasculaire, située dans la région ano-rectale, et hyperalgique par intermittence », la maladie de Waldenström étant caractérisée par des hémorragies importantes[37].

La mort du président Georges Pompidou, survenue dans son appartement parisien du deuxième étage du 24, quai de Béthune, sur l’île Saint-Louis le 2 avril 1974 à 21 heures, est annoncée le soir même[38].

Le 6 avril 1974, la France célèbre ses obsèques nationales à la cathédrale Notre-Dame de Paris mais son inhumation se déroule à Orvilliers dans la plus stricte intimité et un grand dépouillement, sans « fleurs, ni couronnes, ni monument funéraire. Une simple dalle de pierre », comme il l'a souhaité dans son testament rédigé en août 1972. Son enterrement est à l'image de son épitaphe composée juste après son élection à la présidence : « Les peuples heureux n'ont pas d'histoire, je souhaiterais que les historiens n'aient pas trop de choses à dire sur mon mandat »[39].

Une polémique se développe alors au sujet du secret tenu autour de sa maladie, et la classe politique « convient » alors que les futurs présidents de la République devront rendre compte de leur état de santé (François Mitterrand, qui s'était engagé durant sa campagne de 1981 à publier des bulletins de santé réguliers, dissimula lui aussi la gravité de sa maladie après son accession au pouvoir)[36].

Détail des mandats et fonctions[

 

president Degaulle

Le 23/12/2016

 
Né à Lille le 22 novembre 1890, Charles de Gaulle choisit la carrière militaire et Saint Cyr. Il est blessé à trois reprises et fait prisonnier durant la Première Guerre mondiale. En 1921, il épouse Yvonne Vendroux avec laquelle il aura 3 enfants (Philippe, Elisabeth et Anne). Officier instructeur et d’active de 1919 à 1940, il développe, à travers une série d'ouvrages, ses théories militaires sur la nécessité d'un corps de blindés et la création d'une armée de métier. A la tête de ses chars, le colonel de Gaulle prend part à la campagne de France de mai-juin 1940. Promu général de brigade, il est nommé le 6 juin 1940, sous-secrétaire d'Etat à la Guerre et à la Défense nationale dans le gouvernement Reynaud.

 

   

1940-1946
l'Homme
du 18 juin

Alors que le maréchal Pétain demande aux Français de "cesser le combat" et négocie avec l'ennemi un armistice, le  général de Gaulle  lance le 18 juin 1940, depuis Londres, sur les ondes de la BBC, son célèbre appel. Il y exhorte les Français à continuer le combat car "la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre". La France libre est née. Le général de Gaulle entend maintenir la France dans la guerre aux côtés des Alliés, et ce, sur tous les fronts avec les Forces Françaises Libres (FFL).  Il parvient progressivement à rallier sous son autorité les mouvements de résistance intérieure et à imposer la légitimité de la France libre aux Alliés.  À la Libération, président du gouvernement provisoire, il restaure la République et pose les fondements d’une France nouvelle.

 

Juin 1940 : l'Appel

1940-1944 : la France libre et la France combattante

1944-1946 : La Libération

   

1946-1958
le politique contre
la ive république

En désaccord avec les partis politiques, le général de Gaulle démissionne du gouvernement en janvier 1946. Hostile à la IVème République, ce "régime des partis",  il fonde alors en 1947 un  rassemblement - le RPF - qui mène un combat  pour de nouvelles institutions. Malgré le succès foudroyant des débuts, le Rassemblement du Peuple Français décline à partir de 1953. Le général de Gaulle entame alors sa "traversée du désert". Retiré à Colombey-les-deux-églises, il écrit ses Mémoires de guerre. L'incapacité de la IVème République à résoudre le conflit algérien précipite le retour au pouvoir du général de Gaulle à partir de mai 1958.
 

   

1958-1969
le président
de la ve république

S'imposant comme seul recours pour régler le conflit algérien, le général de Gaulle est appelé à la tête du gouvernement en mai 1958. Il dote  la France d'une nouvelle Constitution, la Cinquième République est née. Il devient le premier Président de la Vème République en décembre 1958 et est réélu en 1965 cette fois au terme d'une élection au suffrage universel direct. Après avoir redressé la situation économique de la France en 1958, il mène de profondes réformes en ce domaine sur fond de prospérité des années 60. Décolonisation, construction de l’Europe et indépendance nationale : il impose aussi la France sur la scène internationale.

 

   

1968-1970
le dernier combat

A la fin des années 60, la jeunesse occidentale se révolte. En mai 1968, à Paris, le Quartier latin est le théâtre de durs affrontements, alors que la contestation gagne progressivement tous les secteurs d’activité du pays. La France est paralysée. La crise de Mai 1968, flambée sociale et culturelle, lui paraît  fournir l'occasion de concrétiser sa grande idée de Participation. Il propose, en avril 1969, un référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat. Le "non" l'emporte : le général de Gaulle remet alors immédiatement sa démission. Il se retire définitivement de la vie politique. Le 9 novembre 1970, Charles de Gaulle s'éteint à Colombey-les-deux-églises où il est enterré.

 

   

 

 

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