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CLAUDE MONET

Le 13/10/2017

Les Lettres Françaises
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Claude Monet, le peintre collectionneur



Il y a beaucoup de motivations derrière le désir – ou la manie – de collectionner. Certaines remontent à l’enfance et sont, quelquefois, peut-être névrotiques. D’autres sont affectives, et décrivent des désirs, des affections, des fixations. D’autres encore sont spéculatives, parfois accumulatives, parfois ostentatoires, ou au contraires secrètes. Les collections contribuent certainement à mieux cerner une personnalité à discerner, de toutes ces motivations, lesquelles sont déterminantes. Dans le cas d’un artiste, elles sont révélatrices.

Après un patient travail de recherche et de reconstitution dû à ses commissaires, Marianne Matthieu et Dominique Lobstein, le musée Marmottan, qui possède la plus belle collection de Claude Monet léguée par son fils Michel en 1966, montre comment le grand artiste avait lui-même constitué une collection, peu accessible dans sa maison de Giverny, puisqu’il disait (à Marc Elder, critique et écrivain, qui s’était rendu chez lui en 1924) : « Moi, [à la différence de Renoir et Sisley, cités] j’aime toutes les belles choses. […] Je suis un égoïste. Ma collection est pour moi seul … et pour quelques amis. Je la garde dans ma chambre autour de mon lit. Venez la voir. » Des bombardements, en 1940, ont détruit certains des inventaires qui avaient été constitués, notamment à la mort de Claude Monet, aussi c’est à une recherche par listes incomplètes, procès-verbaux de vente, registres de marchands, et récits divers, de visiteurs à Giverny par exemple, que les commissaires ont pu tenter une reconstitution qui comprend ainsi cent-vingt peintures, dessins, gravures et sculptures.

Ce qui a pu être présenté, avec d’intéressantes contributions de musées qui ont acheté, à Michel Monet en particulier, les pièces souvent maîtresses de cette collection, est tout à fait révélateur des goûts, des affections, des ambitions de Monet. Et d’abord de son parcours : au début un jeune artiste impécunieux, mais entouré d’un groupe d’amis déjà talentueux, avant qu’il n’en devienne le chef de file. Ensuite, après les années 1880, un peintre reconnu, qui vit dans l’aisance et peut satisfaire ses désirs, dont celui de collectionner les œuvres qu’il aime et, surtout, qu’il apprécie.

A la première démarche correspondent donc des acquisitions affectives, qui sont principalement des dons, ou des échanges. Ainsi Monet conserve-t-il des portraits de lui réalisés par ses amis (Charles Lhuilier, Gilbert Alexandre de Séverac, Carolus-Duran). Ils présentent l’intérêt de montrer le jeune Monet artiste, évidemment assez différent de l’image vénérable qu’il laissera de lui plus tard, à Giverny. Mais ensuite il obtient des dons de Renoir, dont un très beau tableau représentant son épouse Camille, sa robe blanche étalée sur la prairie, à Argenteuil, son premier fils, Jean, couché sur ses genoux – le même motif peint le même jour par Manet (ce second tableau n’est malheureusement pas présent, mais cité au catalogue). Les trois amis étaient donc réunis ce jour de juillet 1874. D’autres portraits, de Claude Monet ou de Camille, de ces années, sont aussi donnés à cette époque, et témoignent de l’habituelle, sensuelle, empathie de Renoir pour ses amis et modèles.

Monet lui restera fidèle, et l’exposition permet de montrer avec quelle dilection il s’assurera plus tard, mais à titre onéreux, de compléter sa collection de Renoir, en particulier par deux Baigneuses, peintes en 1883-84, l’une appartenant au musée Marmottan, l’autre au Sompo Museum de Tokyo, réunies pour l’exposition. Elles sont surpassées par une merveilleuse Jeune fille au bain, qui appartient maintenant au Metropolitan de New-York et fait d’ailleurs la couverture du catalogue. Elle avait été acquise par Monet en 1900. D’autres Renoir, valorisant ses dons de coloriste (La Mosquée – Fête arabe, Portait de Mme Clémentine Stora en costume d’Algérienne) soulignent son attachement pour ses compagnons de l’aventure impressionniste – mais on peut noter qu’il « achète ce qu’il ne peint pas » (en l’occurrence des peintures de nus ou d’inspiration orientaliste).

Figurent ainsi, de ses proches, des Caillebotte (l’esquisse du célèbre Rue de Paris. Temps de pluie ; des Chrysanthèmes blancs et jaunes au jardin du Petit-Gennevilliers ; une Leçon de piano renoirienne), des Manet (un tableau inachevé de Monet peignant dans son atelier, un Garçon dans les fleurs, qui est Jacques Hoschedé, très beau, et dont la propriété a été, sans succès, contestée, Monet tenant à réaffirmer son droit…), des Pissarro, dont un remarquable tableau représentant des Paysannes plantant des rames, acquis en remerciement d’un prêt fait en 1892 à Pissarro, nettement plus dans le besoin que Monet.

C’est qu’en effet il est devenu un artiste reconnu et cela lui permet des acquisitions qui témoignent de ses goûts et sans doute de la hiérarchie de ses intérêts, de sa connaissance du marché de l’art, aussi, venue en partie de ses liens avec Hoschedé. À ce titre, on peut considérer que c’est Cézanne, qu’il fréquentait, qui l’intriguait, qu’il recevra d’ailleurs à Giverny, pour lequel il a une prédilection – d’autant plus intéressante que Cézanne n’est pas impressionniste, mais au contraire accentue ses recherches sur un sujet fixe, permanent, dans une recherche obsessionnelle de perfection – par rapport à son projet. (Monet cherchera, avec ses Cathédrales et ses Meules à reconsidérer un sujet sous différents éclairages, à différents jours et heures). Il possèdera une quinzaine d’œuvres de Cézanne, à commencer par une Partie de pêche, acquise dans les années soixante-dix, mais les acquisitions ultérieures ont été plus coûteuses. On voit Le Nègre Scipion, œuvre de 1867, venue de São Paulo ; La Neige fondante à Fontainebleau, tableau auquel Monet tenait beaucoup, des Baigneurs, très représentatifs, une Nature morte, pot à lait et fruits (des pommes !). Tout n’a pu être rassemblé, mais il s’agit, pour les pièces présentes, d’œuvres témoignant de la recherche et de la réussite, de l’accomplissement de Cézanne, qui dépassent ou s’éloignent de l’impressionnisme.

On ne peut tout citer. On voit aussi des Rodin (un plâtre de Bacchantes s’enlaçant, dédicacé « au grand maître Monet, son ami Rodin »), des Berthe Morisot. On voit que Monet a acquis des œuvres de Constantin Guys, de Boudin, de Jongkind, deux aquarelles et un dessin de Delacroix. Sont évoquées aussi ses célèbres estampes japonaises. Plus tard, en fonction de son souci de satisfaire sa seconde épouse, Alice Hoschedé, ou les enfants de celle-ci, Claude Monet procède à de nouveaux achats. Il s’intéresse aux peintres qui se révèlent, comme Marquet, Signac (plusieurs petites gouaches et aquarelles), Vuillard, Bonnard.

Le tout est révélateur d’une personnalité chez laquelle les sentiments, d’affection, d’amitié, les relations familiales, ont joué un rôle constant. Mais surtout, en pouvant admirer certains des chefs d’œuvre réunis, de Renoir, de Pissarro, de Cézanne, notamment, on constate la sûreté de ses choix, sans doute la prévalence de la couleur, qui aura été son obsession d’artiste. On constate que sa préoccupation est de constituer une collection cohérente, avec des œuvres qui sont plus complémentaires que semblables aux siennes. La visite, dont l’intérêt est peut-être un peu atténué par un certain manque d’espace, dans le musée Marmottan parfois un peu déconcertant, parce que, en dehors de Monet, il réunit des œuvres disparates, est en tout état de cause un moment stimulant et par moments enchanteur, comme l’a été Claude Monet, jusqu’à l’épanouissement des Nymphéas, dont on peut ensuite, dans le musée, contempler maintes esquisses, recherches et réussites.

Philippe Reliquet


Exposition "Claude Monet collectionneur"
Du 14 septembre 2017 au 14 janvier 2018.
Musée Marmottan (2, rue Louis-Boilly 75016 Paris)

 

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LE TCHE

Le 12/10/2017

 

LE  TCHE
Homme politique et Révolutionnaire (Argentin)
Né le 14 juin 1928
Décédé le 09 octobre 1967 (à l'âge de 39 ans)
Ernesto Rafael Guevara de la Serna est né le jeudi 14 juin 1928 à Rosario, Argentine. Il est le premier fils de l’architecte Ernesto Guevara Linch, de descendance espagnole et irlandaise de par sa mère, et de Celia de la Serna et de la Llosa, descendante d’une famille fortunée. Ernesto ou "Teté", comme le surnommeront ses parents, a quatre frères et sœurs : Roberto, Celia, Ana María et Juan Martín. Le couple Guevara-de la Serna, s’est marié en 1927 puis s’en est allé vivre à Puerto Caraguatay, dans la province de Misiones, où ils ont une exploitation d’herbe à mate. Celia étant enceinte, ils décident de se rendre à Buenos Aires en bateau sur le río Paraná, pour que le bébé naisse en toute sécurité. Mais le 14 Juin 1928, le bateau doit faire une halte dans le port de Rosario, province de Santa Fe. L’accouchement de Celia se déroule plus tôt que prévu, et le bébé vient au monde dans la maternité de l’Hôpital Centenario. Ses parents le prénomment Ernesto Rafael.

A la fin de l’année 1929, la famille s’installe dans la rue Alem, quartier de San Isidro, à Buenos Aires. C’est là que naîtra le 31 décembre la sœur de Ernestito, Celia. Le 2 Mai 1930, Ernesto qui n’a pas encore deux ans tombe malade. Il souffre de sa première crise d’asthme. En 1931, la famille déménage dans un faubourg élégant de la capitale, rue Bustamente y Peña, où naîtra Roberto, le 18 Mai 1932. En raison des problèmes de santé de Ernesto, la famille va changer plusieurs fois de résidence, jusqu’à ce qu’un médecin ne leur conseille de se rendre à Alta Gracia, dans la province de Córdoba. Le climat plus sec de cette région est favorable à Ernesto, et ils décident donc de louer une maison à Villa Carlos Pellegrini. La maison de deux étages s’appelle "Villa Chiquita", et c’est là que va naître Ana María.
Les problèmes de santé de Ernesto conduisent sa mère Celia à se charger de son éducation primaire. Puis il suivra normalement les cours à l’école San Martín, puis au collège Manuel Solares. En Mars 1942 il commence ses études secondaires au Collège National Déan Funes, à Córdoba, à environ 45 kilomètres de Alta Gracia. La famille Guevara-de la Serna va vivre à Alta Gracia jusqu’au début de 1943, année où Ernesto fait connaissance des frères Granado et Ferrer, avec lesquels il se liera d’amitié pour très longtemps. Au cours de l’été, ils déménagent une fois encore pour habiter une maison dans la rue Chile à Córdoba. C’est au mois de Mai que naît Juan Martín.
En 1946, la famille déménage à Buenos Aires pour aller vivre dans un appartement de la grand-mère paternelle. Quand la grand-mère, Ana Isabel, tombe gravement malade, Ernesto la veille durant 17 jours, et à sa mort, il annonce qu’il étudiera la médecine au lieu des études d’ingénieur qu’il avait envisagé.
Ernesto est jugé inapte pour le service militaire en raison de sa maladie. En 1947 il commence ses études de médecine et montre peu d’intérêt envers la politique et les mouvements de protestations des étudiants, même si ses parents, et plus particulièrement sa mère, sont des militants anti-péronistes. Mais à la fin de l’année il fait connaissance de Berta Gilda Infante, connue sous le nom de Tita. Elle est membre de la Jeunesse Communiste Argentine. Ils deviennent vites bons amis et Ernesto lit avec elle les textes marxistes et ils discutent de la réalité politique de l’époque.
C’est en Octobre 1950, qu’il décide de faire son premier voyage en Amérique Latine, en passant par le Chili, le Pérou et la Colombie. Il est le spectateur attentif des problèmes sociaux des pauvres de ces pays, et cite dans ses notes la phrase de José Marti : "Je veux unir mon destin à celui des pauvres du monde". Le 29 Décembre 1951, il part avec son ami Alberto Granados à travers le continent sud-américain. Mais la moto sur laquelle ils font le voyage, une Norton 500 c.c., les lâche et ils doivent travailler, soit comme assistant médecin ou effectuant des petits boulots, pour continuer leur périple.
Ernesto revient à Buenos Aires en Août 1952 pour poursuivre ses études de Médecine. Il reçoit le titre de Docteur en Médecine et Chirurgie le 11 Avril 1953
à l’Université de Buenos Aires. Le 7 Juillet 1953 il part une nouvelle fois en voyage à travers l’Amérique du Sud et Centrale. Il est accompagné par Carlos Ferrer "Calica". Il observe en Bolivie les changements sociaux apportés par le Mouvement Nationaliste Révolutionnaire arrivé au pouvoir. Puis ils visitent le Pérou, l’Equateur, le Panamá et le Costa Rica, où ils font la connaissance des cubains Calixto García et Severino Rosell, qui avaient participé à l’assaut du Cuartel Moncada. Ils poursuivent le voyage et visitent le Nicaragua, le Honduras et le Salvador, pour finalement arriver au Guatemala en 1953.
Au Guatemala, le Che poursuit sn éducation politique à travers l’amitié qu’il lie avec l’économiste et exilée péruvienne d’origine indienne, Hilda Gadea Ontalia, ancien membre du Parti Apriste (APRA, Alianza Popular Revolucionaria Americana). Il se lie d’amitié également avec un groupe de révolutionnaires cubains, qui le 26 Juillet 1953 prirent part à l’assaut du Cuartel Moncada. Parmi eux se trouve Nico López, qui baptisera Ernesto du surnom de « Che ».
Il se tient au courant auprès d’eux des actions entreprises et prend la ferme décision de poursuivre la lutte dès la libération de Fidel Castro et d’autres camarades. Ernesto Che Guevara se met en contact avec le Parti Guatémaltèque du Travail et officie comme médecin dans les syndicats. Il participe activement à la politique interne du pays pour la défense du gouvernement démocratique et révolutionnaire de Jacobo Arbenz. Mais après l’invasion organisée par la CIA, Arbenz tombe en Septembre 1954.
En tant qu’argentin et en raison de sa position en faveur du gouvernement de Arbenz, Ernesto Che Guevara ne peut rester plus longtemps au Guatemala, et après avoir demander asile auprès de l’Ambassade d’Argentine, le Che décide de se rendre à Mexico, où il travaillera comme photographe et à l’Hôpital Général. Un mois plus tard il est rejoint par Hilda Gadea et Nico López.
Un jour, de visite chez María Antonia Gonzales, au Numéro 49 de la rue José Amparán, Ernesto fait connaissance de Raúl et Fidel Castro. María Antonia est une cubaine
résidant à Mexico, qui collabore efficacement avec les révolutionnaires exilés. Au cours de cette réunion, le Che reste à converser durant une dizaine d’heures avec Fidel, durant lesquelles ils échangent tout type d’opinions. Le leader de la révolution cubaine lui explique les raisons de sa lutte contre le dictateur Batista. A la fin de cette conversation le Che fait dès lors parti du groupe.
Il se marie le 8 Août 1955 avec Hilda à Tepotzotlán, près de Mexico. Hilda est enceinte et le futur parrain est Raúl Castro. Le 15 Février 1956, naît Hilda Guevara Gadea. Ernesto reste 57 jour dans la prison Miguel Schultz après avoir été arrêté par la police mexicaine dans la hacienda "Santa Rosa", Popocatépetl, à 35 kilomètres de la capitale, qui était le camp d’entraînement des révolutionnaires cubains qui préparaient une attaque contre Cuba, et qui étaient dirigés par le Général Alberto Bayo, un ancien colonel de l’Armée Républicaine pendant la Guerre Civile en Espagne.
Le Che a toujours caché ses activités révolutionnaires à ses parents, et il leur envoie une lettre les informant de sa situation et leur annonçant sa séparation avec Hilda. Le Dimanche 25 Novembre 1956, de l’embouchure du río Tuxpán au Mexique, Ernesto Che Guevara s’en va avec le "Granma" avec 81 autres hommes à bord, un yacht d’une capacité de 25 personnes seulement, que Fidel Castro avait acheté à une entreprise nord américaine.
Une semaine plus tard, le Dimanche 2 Décembre, ils débarquent à Los Cayelos, à l’est de Cuba, commençant la guérilla révolutionnaire dans les montagnes de la Sierra Maestra. Dès le début, le Che se distingue en tant que combattant de la lutte révolutionnaire à Cuba contre la tyrannie du dictateur Fulgencio Batista. Le 1er Mars 1958, est diffusée pour la première fois « Radio Rebelde », une radio créée par le Che.
A la fin du mois d’Avril 1958, Ernesto est envoyé depuis Jibaro, dans la Sierra Maestra, à la tête du commando de la 8ème Colonne vers la région centrale du pays. Ils arrivent jusqu’à la Sierra del Escambray, province de Las Villas, où ils vont monter un camp de base. Le Che participe avec beaucoup d’ardeur aux combats et plus particulièrement à la Bataille de Santa Clara le 1er Décembre 1958, laquelle s’avère très importante dans leur objectif principal : faire tomber la dictature et faire triompher la Révolution Cubaine. Le 1er Janvier 1959, Cuba est libéré, et Batista part en exil.
Le 2 Janvier, Camilo Cienfuegos Gorriarán entre dans La Havane, paralysée par une grève générale. Le lendemain le Che y fait son entrée, et le Dimanche 8 Janvier, Fidel Castro entre victorieusement dans la capitale. Les parents du Che arrivent le Lundi à Cuba, 6 ans après la dernière rencontre avec leur fils. Le 21 Janvier, Hilda Gadea et Hildita viennent vivre à La Havane.
En égard aux services rendus à Cuba, Ernesto Che Guevara est déclaré citoyen cubain par le Conseil des Ministres le Lundi 9 Février 1959. Au mois de Mars 1958, Ernesto avait fait la connaissance à Escambray une jeune cubaine de 22 ans, Aleida March Torres, et le 2 Juin 1959 le mariage est célébré après que le divorce fut prononcé entre le Che et Hilda Gadea le 22 Mai 1959.
Du 12 Juin au 5 Septembre, Ernesto Che Guevara est en mission pour le gouvernement cubain en Egypte, Soudan, Inde, Birmanie, Indonésie, Ceylan, Japon, Maroc, Yougoslavie et en Espagne. Durant plusieurs années il rempli des fonctions officielles au sein du gouvernement cubain. Parmi ces différentes charges gouvernementales, militaires et économiques, il est nommé Chef des Forces Armées Révolutionnaires, Chef de l’Industrie et de la Réforme
Agraire, et le 26 Novembre 1959 il occupe le poste de Président de la Banque Nationale de Cuba.
Le 4 Mars 1960, dans un attentat organisé par la CIA, le bateau belge « La Couvre », qui apportait des armes à Cuba, explose dans le port de La Havane. Le lendemain, Alberto Korda prend la célèbre photo du Che en hommage aux victimes de l’attentat, et au cours de la cérémonie Fidel Castro prononce cette phrase qui restera dans l’histoire : "Patria o muerte. ¡Venceremos!" (La Patrie ou la mort. Nous vaincrons !).
Le Che préside de nombreuses missions officielles au nom du Gouvernement Révolutionnaire. Du 22 Octobre au 9 Décembre, il est à la tête de la mission économique de Cuba qui est de visite en URSS, Tchécoslovaquie, RDA et République Populaire de Chine. Le 19 Octobre 1960, Les Etats-Unis décrètent l’embargo commercial de Cuba. Le 17 Novembre, pendant son séjour en Chine, vient au monde Aleida Guevara March, ou "Aliusha", à La Havane. C’est là également que naîtront ses autres frères.
Le 3 Janvier 1961 les Etats-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec Cuba. Le 23 Février 1961, le Che est nommé Ministre de l’Industrie et Membre du Conseil Central du Plan. Le 20 Mai 1962 naît son fils,Camilo, nom qu'il lui donne en hommage à son camarade Camilo Cienfuegos, qui mourut tragiquement dans un accident aérien. Du 17 au 20 Avril 1961, Ernesto Che Guevara occupe le commandement militaire de Pinar del Río pendant l’attaque de mercenaires sur la Plage Girón, dans la Baie des Cochons (Bahía de los Cochinos), au cours de laquelle 1500 contre révolutionnaires cubains tentent d’envahir l’île dans une opération organisée et financée par la CIA. Les révolutionnaires mettront en déroute les mercenaires en moins de 72 heures.
Le 4 Août, le Che est à la tête de la délégation cubaine lors de la Conférence des Amériques de Punta del Este en Uruguay. La délégation est reçue à l’Aéroport National de Carrasco par des milliers de personnes chantant des slogans anti-yankees et aux cris de « vive la Révolution Cubaine ». En Octobre 1962 et jusqu’en Novembre de la même année, Ernesto occupe le commandement militaire des troupes de Pinar del Río pendant la Crise d’Octobre.
Lors de sa présence à Cuba, le Che œuvre dans de nombreuses tâches : il est l’initiateur du Travail Volontaire dans tout le pays, de l’organisation des Forces Armées Révolutionnaires (FAR) ; il est le fondateur de la revue Verde Olivo, où il écrit de nombreux articles ; il est l’auteur de différents livres et essais. Les œuvres du Che les plus connues sont : « Diario de Bolivia », « Discurso en Argel », « Discours lors de la XIXème Assemblée Générale des Nations Unies », « El cuadro, columna vertebral de la revolución », « El Socialismo y el Hombre en Cuba », « La Guerra de Guerrillas », « Mensaje a los Pueblos del mundo a través de la Tricontinental », « Pasajes de la Guerra Revolucionaria », « Reforma Universitaria y Revolución », « Sobre la construcción del Partido », « Solidaridad con Vietnam del Sur », « Táctica y Estrategia de la Revolución Latinoamericana ».
Le 14 Juin 1963 naît le quatrième enfant du Che, le troisième avec Aleida. C’est une fille qui sera appelée Celia, en hommage à sa mère. Le 19 Mars 1964, vient au monde Omar Pérez, fruit de la relation extraconjugale que Ernesto a eu avec Lidia Rosa López. Du 20 Mars 1964 au 13 Avril, le Che est à la tête de la délégation cubaine pendant la conférence de l’ONU pour le Commerce et le Développement à Genève, en Suisse. Du 15 au 17 Avril, il est en visite en France, Algérie et Tchécoslovaquie. Il visite l’URSS du 5 au 19 Novembre et participe au 47ème Anniversaire de la Révolution d’Octobre. Il préside à nouveau la délégation cubaine lors de l’Assemblée Générale de l‘ONU à New York du 9 au 17 Décembre. Puis il se rend en Algérie.
En Janvier 1965, Ernesto Che Guevara est en République de Chine, puis au Mali, Congo (Brazzaville), Guinée, Ghana, Dahomey, Tanzanie, Egypte, Algérie et revient à La Havane le 14 Mars. Sa dernière intervention publique à Cuba a lieu le 15 Mars quand il fait un compte rendu de ses voyages à l'étranger devant ses collaborateurs de Ministère de l‘Industrie. Afin de poursuivre plus en avant ses idéaux libertaires, il sollicite de la Direction de la Révolution Cubaine son détachement des responsabilités qui le lient à Cuba, pour reprendre la lutte armée en solidarité avec les peuples du monde.
Le 1er Avril 1965 il écrit des lettres d’adieux à ses parents, ses enfants et Fidel Castro, et s’en va pour le Congo. C’est dans ce pays qu’il apprendra la mort de sa mère. Un an plus tard, le Jeudi 3 Novembre 1966, Ernesto Che Guevara arrive à La Paz, en passant par Madrid et Sao Paulo. Il entre clandestinement en Bolivie sous le nom de Adolfo Mena González, fonctionnaire péruvien de l’Organisation des Etats Américains et possède au cas où, un passeport uruguayen au nom de Ramón Benítez Fernández.
Le 7 Novembre il se trouve dans une hacienda de Ñancahuasú où, avec un petit groupe de combattants boliviens, cubains et autres nationalités, il fonde l’Armée de Libération Nationale de la Bolivie (Ejército de Liberación Nacional de Bolivia). Pendant son séjour en Colombie, il est connu en tant que "Comandante Ramón", et également "Fernando el sacamuelas". Mais 11 mois plus tard, après avoir été fait prisonnier et sérieusement blessé, Ernesto Che Guevara est exécuté, le Dimanche 8 Octobre 1967 à 13h10, par des soldats boliviens dirigés par des agents de la CIA, dans la petite école du village de La Higuera, province de Chuquisaca.
Le 18 Octobre 1967, su la Place de la Révolution, Fidel Castro informe le demi million de cubains présents de la mort du Commandant Ernesto Che Guevara : « Tu as disparu physiquement, mais ton image et tes idéaux restent et resteront présents en nous, parce que ceux-là ils ne pourront jamais les tuer avec des balles ».

 

de la part de mathilde filloz

Le 26/09/2017

POUR UN MONDE SANS ARMES, poème de Mathilde Filloz.

De la part de Mathilde FILLOZ à la demande de la directrice de publication du Millén'Arts Journal.

POUR UN MONDE SANS ARMES.


C’était la der des ders ! Massacres de déments !
Elle a tué le père et ouvert la blessure,
Sur les pires horreurs, prononcé la censure.
Planqué les embusqués, fait pleurer les mamans

Une guerre succède à celle qui finit.
Pour protéger marchés, finance et industrie,
On étale drapeau, liberté et patrie…
On lance les soldats, le Pape les bénit…

Les charniers sont remplis. On y jette au hasard
Les jeunes corps éteints, boucles brunes ou blondes…
Que d’esprits immolés, rares trésors des mondes…
En avons-nous perdu des Prévert, des Mozart !

Il a toujours vingt ans, devant l’éternité,
Lui, qui tombe au combat dans les blés qu’il falune !
Sépulcres par milliers, blêmissants sous la lune !
Infini de la mort ! Champ clos d’atrocité !

Il faut changer le sort de ces peuples en pleurs !
Déclarons donc la paix à l’univers en larmes !
Amour, fleurs et chansons, dans un monde sans armes !
Pourquoi tant d’orphelins, de morts et de douleurs ?

 

poeme de victor hugo

Le 24/09/2017

  1. La Fonction du poète
    Dieu le veut, dans les temps contraires,
    Chacun travaille et chacun sert.
    Malheur à qui dit à ses frères :
    Je retourne dans le désert !
    Malheur à qui prend ses sandales
    Quand les haines et les scandales
    Tourmentent le peuple agité !
    Honte au penseur qui se mutile
    Et s'en va, chanteur inutile,
    Par la porte de la cité !
  2. Le poète en des jours impies
    Vient préparer des jours meilleurs.
    ll est l'homme des utopies,
    Les pieds ici, les yeux ailleurs.
    C'est lui qui sur toutes les têtes,
    En tout temps, pareil aux prophètes,
    Dans sa main, où tout peut tenir,
    Doit, qu'on l'insulte ou qu'on le loue,
    Comme une torche qu'il secoue,
    Faire flamboyer l'avenir !
  3. Il voit, quand les peuples végètent !
    Ses rêves, toujours pleins d'amour,
    Sont faits des ombres que lui jettent
    Les choses qui seront un jour.
    On le raille. Qu'importe ! il pense.
    Plus d'une âme inscrit en silence
    Ce que la foule n'entend pas.
    Il plaint ses contempteurs frivoles ;
    Et maint faux sage à ses paroles
    Rit tout haut et songe tout bas !
  4. Peuples ! écoutez le poète !
    Ecoutez le rêveur sacré !
    Dans votre nuit, sans lui complète,
    Lui seul a le front éclairé.
    Des temps futurs perçant les ombres,
    Lui seul distingue en leurs flancs sombres
    Le germe qui n'est pas éclos.
    Homme, il est doux comme une femme.
    Dieu parle à voix basse à son âme
    Comme aux forêts et comme aux flots.
  5. C'est lui qui, malgré les épines,
    L'envie et la dérision,
    Marche, courbé dans vos ruines,
    Ramassant la tradition.
    De la tradition féconde
    Sort tout ce qui couvre le monde,
    Tout ce que le ciel peut bénir.
    Toute idée, humaine ou divine,
    Qui prend le passé pour racine,
    A pour feuillage l'avenir.
  6. Il rayonne ! il jette sa flamme
    Sur l'éternelle vérité !
    Il la fait resplendir pour l'âme
    D'une merveilleuse clarté.
    Il inonde de sa lumière
    Ville et désert, Louvre et chaumière,
    Et les plaines et les hauteurs ;
    A tous d'en haut il la dévoile ;
    Car la poésie est l'étoile
    Qui mène à Dieu rois et pasteurs !
  7. Victor Hugo, Les Rayons et les ombres

 

lettres francaises delacroix

Le 17/09/2017

L’atelier-musée de Delacroix, lieu de charme et de ferveur



Il existe à Paris des lieux presque mythiques, mais diversement fréquentés, qui évoquent des séjours, parfois de longue durée, des créateurs. Telles, pour les écrivains, les maisons de Victor Hugo ou de Balzac ; pour le monde des Arts, les lieux qui évoquent Henner, Hébert (musée actuellement fermé), Gustave Moreau, Zadkine, Dubuffet, etc. Eugène Delacroix a occupé un atelier, dans lequel il vivait, place de Fürstenberg, près de l’église Saint-Sulpice, où il travaillait sur les fresques de la chapelle des Saints-Anges, de 1857 à 1861. (La chapelle vient d’être très somptueusement restaurée, en ce qui concerne les fresques, moins l’environnement). Il est mort en 1863, épuisé, entre autres, par son travail sur ces fresques, qui était considérable.

Son testament était très précis, et il ne souhaitait pas que ses biens et ses œuvres soient préservées, aussi ont-ils rapidement fait l’objet d’une vente aux enchères (en 1864). L’atelier, vidé de tous souvenirs le concernant, a été loué à la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Mais la gloire de celui que beaucoup, parmi les artistes, considéraient comme « le plus grand peintre du XIXe siècle » grandissait, et s’était même affirmée en 1893 lors de la publication de son Journal intime, qu’il ait d’ailleurs désiré ou non que cette publication contribue à sa renommée.

Les jeunes nabis et contemporains (Maurice Denis, Paul Signac, Émile Bernard, Édouard Vuillard) se retrouvent dès ce moment dans le culte de Delacroix, et en premier lieu Maurice Denis, qui sera l’artisan d’une renaissance du lieu où le peintre avait travaillé, assez brièvement il est vrai, mais significativement à la fin de sa vie. Près de la jolie place de Fürstenberg, dotée d’un jardin, l’ancien atelier conservait un charme, une élégance qui pouvaient évoquer le grand artiste. Cependant, au lendemain de la Première Guerre Mondiale, le propriétaire des lieux, un certain M. Panckoucke, en prévision de la fin du bail de la société qui les occupait, envisageait de les détruire, d’ailleurs pour les convertir… en garage. Il fallut une énergie exceptionnelle pour sauver le lieu, d’autant plus – et cela nourrissait le scepticisme – que la Société des Amis de Delacroix, alors créée, en 1929, ne disposait pas d’œuvres importantes, et que l’on pouvait craindre, comme cela a été écrit, que la réouverture de l’atelier et que l’évocation de la mémoire de Delacroix ne se résument à « une cruche, une tasse à café et un pot de chambre (du Maitre) ». On pouvait penser notamment qu’un grand musée, comme le Louvre, avait vocation à lui seul à le célébrer.

L’insistance, la passion de Maurice Denis vainquirent les réticences et il obtint la location du lieu au profit de la Société des Amis d’Eugène Delacroix, et le droit d’ouvrir, en 1932 une première exposition, intitulée « Delacroix et ses amis ». L’inauguration fut assurée par Albert Lebrun, tout récent président de la République, et il est conservé de savoureuses photographies, prises en cette occasion, d’officiels cravatés et chapeautés, tout sourires aux portes de l’atelier. L’exposition était réalisée à partir de prêts de nombreuses institutions, à commencer par le Louvre, des bibliothèques, Carnavalet, etc., et de particuliers, possesseurs d’œuvres, gravures écrits, souvenirs.

Il n’a pas été possible, dans une exposition consacrée à cette résurrection, réalisée cet été, de la reconstituer. Mais il a par contre été proposé, en insistant sur le rôle décisif joué par Maurice Denis, de montrer l’admiration et l’inspiration que ce groupe a portées à Delacroix. Et cette exposition a pu bénéficier de prêts de nombreux musées français et étrangers, constituant un hommage très original autour de la personnalité et de l’influence du peintre. On a pu voir des photographies, des dessins, montrant l’atelier, en particulier dans son état des années vingt. Des œuvres de Delacroix reflétant la variété de ses inspirations (exotiques, religieuses, littéraires) et de ses dons (mouvement, couleur). Mais aussi la variété des artistes qu’il a inspirés, à commencer par ceux qui apparaissent dans l’Hommage à Cézanne, œuvre de Maurice Denis (1900), elle-même en référence à l’Hommage à Delacroix de Fantin-Latour (1864).

Dans une disposition similaire, permettant de portraiturer chacun, on voit, autour d’un tableau de Cézanne, représentant évidemment des pommes, Odilon Redon, Édouard Vuillard, le critique André Mellerio, Ambroise Vollard, Maurice Denis lui-même, Paul Sérusier, Paul-Emile Ranson, Ker-Xavier Roussel, Pierre Bonnard, et Marthe Denis, l’épouse du peintre. Il s’agit d’un manifeste, adouci, dans la manière de Denis, entre des complices. Les œuvres de Maurice Denis ont été montrées en assez grand nombre, depuis une Annonciation (de 1913) dans un décor familier, évoquant une Éducation de la Vierge, également très humaine de Delacroix, jusqu’à des Fauves (vers 1920), en référence directe au Maître, et à la maquette de l’Histoire de l’Art Français (1921), où il est directement cité, en particulier par une figure de la Liberté dressée sur les barricades, mais cette fois armée d’un fusil.

D’autres peintres figurent aussi, notamment Cézanne, grand admirateur de Delacroix, pour lequel il envisageait une Apothéose, représentée par une esquisse (1906). Puis Van Gogh, autre inconditionnel (dessins d’Oliviers à Montmajour, 1881), Paul Gauguin (peintures de vases de Fleurs), Odilon Redon, Émile Bernard, Matisse… Il n’appartenait pas à l’exposition, mais on sait que Picasso était aussi fasciné par Delacroix. Le prouve sa série des Femmes d’Alger, leurs nombreuses études préparatoires, dont certaines d’ailleurs présentées fin 2015 au Musée Delacroix.

Tous ces noms soulignent la postérité de Delacroix et justifient une évocation à la fois intime, par les lieux fréquentés, et pertinente, par les œuvres proposées, représentatives d’inspirations, de techniques et de moyens exceptionnels, dont témoignent par exemple les dessins très abondants, les études préparatoires, les écrits, tous révélateurs du travail, de la recherche de la perfection, parfois de l’acharnement, toujours de l’originalité, de Delacroix.

Les intentions de Denis ne manquaient pas, dans les années trente, d’un certain esprit nationaliste (cette notion, alors obsessionnelle d’un « Art français » dont Delacroix pouvait être l’un des plus beaux exemples). Il a fallu ainsi une assez longue attente, de la patience, des dons et achats, et l’engagement en définitive de l’Etat (le musée devint musée national en 1971) pour que l’espace, préservé par l’énergie de quelques uns, subsiste, et vive, avec maintenant des expositions d’inspiration renouvelée, que la profusion et l’imagination de Delacroix ont permises. L’atelier-musée, le jardin restauré, l’atmosphère préservée du lieu, en font un but de réflexion et de plaisir particulièrement délicat, à qui aime un artiste au talent qui nous semble toujours prodigieux.

Telle était l’opinion de Maurice Denis, qui écrit dans son Journal en 1923 : « Il n’en n’est pas de plus grand, sauf Poussin, mais il est plus varié, plus étendu, plus riche et pour tout dire plus peintre. Poussin est du XVIIIe, Delacroix est de tous les siècles : il est gothique, baroque, impressionniste, classique…. »

Philippe Reliquet

 

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